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Enseignement à distance: des syndicats d’enseignants veulent se faire payer leurs heures supplémentaires

Daphnée Dion-Viens | Journal de Montréal

Photo d'archives

Des syndicats d’enseignants refusent que leurs membres prennent en charge l’enseignement à distance pour les élèves en isolement sans compensation financière, alors qu’ils sont déjà à bout de souffle. 

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Jeudi, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a fait parvenir de nouvelles directives au réseau scolaire. Tous les élèves qui sont en isolement à la maison de façon individuelle auront droit à un suivi scolaire, sous différentes formules, contrairement à ce qui avait été indiqué à la rentrée.  

Jusqu’à maintenant, les enseignants devaient faire l’enseignement à distance seulement lorsque le groupe complet est en retrait préventif à la maison. 

Or cette nouvelle directive est la goutte qui fait déborder le vase, affirme Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ). 

«Les enseignants sont en colère», lance-t-elle.  

Il est important que les élèves aient un suivi scolaire, tient à préciser Mme Scalabrini, tout en indiquant qu’il manque «de 3 à 8 élèves chaque jour» dans plusieurs classes. 

Mais il n’est pas question que les enseignants, après leur journée de travail, fassent le travail bénévolement. Les directions d’école doivent mettre en place ce service en ayant recours à du personnel supplémentaire, selon la FSE. 

«Et si la direction n’a pas de solution, il faut que le ministre trouve une façon de payer le temps supplémentaire. Présentement, la cour est pleine», ajoute Mme Scalabrini. 

Dans une lettre transmise jeudi au réseau scolaire, le ministre Roberge précise que ces tâches pourraient être confiées à du personnel supplémentaire «au besoin». 

Le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), Nicolas Prévost, a quant à lui affirmé au Journal, jeudi, que cette directive donne «un levier» pour demander aux enseignants de faire ce suivi, tout en précisant que plusieurs le font déjà. 

De son côté, Josée Scalabrini persiste et signe. «N’importe qui qui fait du temps supplémentaire est habituellement compensé pour ce temps-là. On devra trouver une façon de reconnaître le travail des enseignants», affirme-t-elle.