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François Pérusse: un album demandé par les fans

Léa Papineau Robichaud | Agence QMI

Alors que la crise sanitaire éclatait, François Pérusse a reçu bon nombre de messages l’implorant de créer du nouveau matériel. En résulte «L’album du peuple - Tome XI», paru plus tôt cette semaine en ligne. Un opus qui fait un clin d’œil au rock progressif des années 1970.

«On était déjà au mois de mars et moi un album, je travaille là-dessus pendant à peu près un an. Je me disais: “on est déjà en mars et pour livrer en novembre ça me prend un peu de court” », raconte l’humoriste qui a finalement décidé de se lancer dans l’aventure après une balade en voiture jusqu’au studio de «Tout le monde en parle».

«J’ai trouvé ça intense en ce sens que j’ai senti la pression en cours de route. Quand j’ai eu l’idée d’évoquer la musique des années 1970, le style rock progressif, je me suis dit: “je ne sais pas comment ça va être accueilli de passer mes messages et mes paroles critiques de la société d’aujourd’hui via un style de musique qui n’existe plus”», avoue François Pérusse, toutefois très heureux du résultat et des premières réactions.

Il faut dire qu’après 14 albums qui ont toujours été très bien reçus par les critiques et les fans, la chute aurait été brutale si le public avait rejeté ce nouvel opus.

«Il y a eu des questionnements, mais il faut que j’admette que j’ai eu du fun!», avoue celui qu’on peut entendre les matins de semaine sur les ondes d’Énergie.

Années 1970 

Avec la photo de Pérusse à 18 ans sur la pochette et les chansons aux sonorités prog, on dirait que ce nouvel «Album du peuple» est un hommage aux années 1970.

COURTOISIE/Jérémie LeBlond-Fontaine

«Je sais que ça n’allait pas si bien que ça dans ces années-là, il y avait l’époque Nixon, la guerre du Vietnam, la guerre froide, etc. Ce n’était pas drôle non plus, mais il y avait quand même un aspect “peace and love” et macramé qui sauvait la donne un petit peu.»

Vendu uniquement en ligne actuellement, ce 15e disque de la carrière de l’humoriste est tout de même bien ancré dans l’air du temps avec des sujets comme les complotistes, Donald Trump, les influenceurs, la campagne électorale de Justin Trudeau et les vaccins. Le thème de la COVID-19 est effleuré, mais à peine.

«Comme on m’a demandé cet album-là pour faire du bien, je me suis dit: “on ne va pas taper sur le clou de la COVID, on en a déjà jusqu’aux oreilles.”»

Faire du bien 

Avec la pandémie, les gens se sont beaucoup tournés vers l’humour pour oublier un peu ces moments difficiles. Entre autres, le groupe Facebook «Je cite (trop) souvent François Pérusse» est devenu un véritable échappatoire où Français et Québécois échangent sur des extraits des blagues d’albums passés. Le groupe est passé de 5000 membres avant la pandémie à plus de 12 000 personnes aujourd'hui.

Le principal intéressé se rend-il compte à quel point son humour fait du bien aux gens?

«Pas tous les jours parce que je suis toujours seul au travail. Mes enfants me le font remarquer des fois quand ils voient des affaires passer sur les réseaux sociaux. Quand je le réalise, ça me fait beaucoup de bien parce que je me dis que c’est beau de faire son métier et de gagner sa vie, mais si on se sent utile, c’est vraiment plaisant et c’est bon pour le moral.»

«L’album du peuple - Tome XI» est en vente au francoisperusse.ca.

Ce qui réconforte François Pérusse 

Puisque son humour a agi comme un baume qui réchauffe les cœurs pendant la pandémie, on a demandé au grand manitou du jeu de mots drôles de nous dire ce qui réconforte.

Communiquer avec ses proches

«Se tenir ensemble, même s’il y a des interdictions de visite. Je présume que de pouvoir se parler électroniquement en se voyant la face doit aider.»

L’humour

«Pas juste le mien, mais l’humour en général. C’est obligatoire. Je pense que c’est aussi vital que l’air et l’eau et que l’amour.»

Aller dehors

«Je suis un gars qui est un peu enfermé dans son studio et chaque jour je m’impose d’aller marcher dehors un petit trois quarts d’heure.»

Se faire une bonne bouffe

«Prendre le temps de couper son oignon et ses champignons, s’acheter quelques sortes de fromages, se faire un bon “comfort food” ou encore mieux, se faire des pizzas avec une vraie pâte à pizza! Il y a aussi les restaurateurs. Si des restaurateurs offrent de livrer ou de préparer des mets que vous pouvez passer chercher, ça fait du bien ça aussi! Ils en ont besoin aussi.»

Penser qu’on va s’en sortir

«Je pense qu’on va s’en sortir dans la prochaine année. Je pense que c’est une question de mois et qu’il faut se boucher le nez et se dire: “tabarnouche, on va le passer ce temps-là!” Comme toutes les crises sanitaires dans le passé. Elles ont été dévastatrices, mais elles ont fini par passer grâce au travail humain.»