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«Je suis un homme sensible» - François Pérusse

Michèle Lemieux | Agence QMI

Avec 30 ans de carrière et 15 albums à son actif, François Pérusse nous revient avec «L’album du peuple - Tome XI», dont la signature singulière demeure les textes satiriques. Si l’opus annonce le retour de certains personnages de l’humoriste, on y trouvera aussi des chansons toutes neuves aux accents de rock progressif. L’artiste nous parle de ce nouveau tome.

François, que nous proposez-vous avec ce nouvel album?

J’ai rarement une thématique pour mes albums, mais il y en a une qui se dégage pour ce 11e tome: je regarde ce qui se passe dans le monde. Il y a la crise sanitaire, bien sûr, mais aussi les insatisfactions internationales, les gens de plus en plus impatients, les finances, qui sont problématiques... J’ai décidé de faire une critique souriante de tout cela, comme si les gens du passé regardaient l’époque d’aujourd’hui. J’ai composé trois chansons en m’inspirant d’un style musical qui n’existe plus: le rock progressif, popularisé par des groupes britanniques pour la plupart, comme Genesis à ses débuts, Jethro Tull, King Crimson, Gentle Giant et Yes. C’est la seule sorte de musique qui ne se crée plus. Mes enfants, qui ont 11 et 14 ans, s’y intéressent. Un jour, j’ai voulu leur montrer ce que leur père écoutait lorsqu’il était ado, et ils sont restés accrochés! J’ai décidé de composer des chansons en m’inspirant de ce style et de parler du monde d’aujourd’hui vu par les gens de cette époque.

Quel regard jetez-vous sur l’époque actuelle?

Je parle de l’époque, mais je prends un petit repos de la COVID, car il n’est question que de ça actuellement. Ces derniers mois, je me suis rendu compte qu’on attend de moi que je sois divertissant. Il est question de Trudeau, de Legault, de Trump, qui jouent chacun leur personnage, mais ils ne font pas nécessairement des commentaires politiques. Oui, j’ai le droit de rire de ce qui se passe, mais je le fais à ma façon, c’est-à-dire en essayant de ne pas écorcher qui que ce soit.

C’est votre côté bon garçon qui vous fait agir ainsi?

Je suis un gars sensible. On peut facilement me faire de la peine, alors je ne veux pas en faire aux autres. Ce n’est pas nécessaire, car ça ne fait que mettre du sable dans l’engrenage. Ces jours-ci, nous avons plus besoin de nous épauler... en gardant bien sûr nos deux mètres de distance!(rires)

Vous avez toujours suivi votre voie et vous faites ce que vous aimez...

Oui, je fais effectivement ce que j’aime. Je me trouve bien gâté; je touche du bois. Je dois ça à ceux qui m’écoutent. Ce sont eux, mes patrons. J’ai le plaisir d’avoir encore un auditoire. C’est un cadeau que je ne tiens pas pour acquis...

François nous propose aussi son premier clip en carrière pour sa chanson «Je veux pas juger». «J’ai eu du plaisir à le faire. C’est un clip sans prétention, un clin d’œil à la musique rock. En 30 ans, je n’avais jamais fait de clip et je n’avais jamais eu l’intention d’en faire...»