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Les bonnes affaires du «Black Friday» se dénichent en ligne pour échapper à la COVID

Agence France-Presse

Joël Lemay / Agence QMI

L'incertitude liée à la COVID-19 plane sur le succès commercial de «Black Friday» cette année, mais les Américains, ayant pu économiser sur les voyages ou les sorties, semblent se ruer sur les bonnes affaires en ligne.

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Les habituelles scènes de foules, attendant au petit matin l'ouverture des magasins pour se ruer sur les bonnes affaires, ont laissé place à quelques files d'attente éparses, distanciation sociale oblige, et à des files d'automobilistes venus retirer leurs achats effectués en ligne.

Car la peur d'être infectés par la COVID a poussé un grand nombre de clients à se tourner vers internet pour profiter des soldes.

Les ventes en ligne pour le Black Friday aux États-Unis devraient bondir de 20% à 42% par rapport à l'an passé, avec des dépenses prévues entre 8,9 et 10,6 milliards de dollars, selon les prévisions d'Adobe. La hausse devrait être de 33% pour l'ensemble de la saison des fêtes de fin d'année, selon leurs calculs.

Ce «Black Friday» et le «Cyber Monday» qui suivra, lundi, pourraient «devenir les deux jours de ventes en ligne les plus importants de l'histoire», relève Adobe dans son communiqué.

Les articles plus coûteux, notamment liés à l'équipement de la maison, devraient notamment s'arracher.

Le géant du commerce en ligne Amazon fait de son côté face à une fronde dans plusieurs pays, dont les États-Unis, des organisations profitant de cette journée pour réclamer de meilleurs salaires et une meilleure protection des salariés face au COVID-19.

Si cette journée s'annonce exceptionnelle pour les détaillants en ligne, les magasins, en revanche, qui souffrent particulièrement depuis le début de la pandémie, devraient beaucoup moins largement profiter de cette journée de Black Friday.

Leur capacité d'accueil reste réduite, et les clients ont largement déserté les centres d'achats et centres-villes.

Toutes ventes confondues, la saison des promotions de fin d'année - qui s'étend sur les mois de novembre et décembre - devrait donc être stable par rapport à celle de l'an passé, pour la première fois depuis 2008, anticipe ainsi le cabinet de recherches indépendant CFRA.

Les détaillants américains sont pourtant très optimistes quant aux ventes de fin d'année, anticipant une hausse comprise entre 3,6 et 5,2% par rapport à 2019, selon la Fédération nationale des détaillants (NRF).

«Les consommateurs ont montré qu'ils étaient enthousiasmés par les fêtes et disposés à dépenser pour faire des cadeaux qui remontent le moral de la famille et des amis après une année aussi difficile», a commenté dans un communiqué le responsable de cette fédération, Matthew Shay.

La fédération souligne en outre travailler avec les autorités pour favoriser l'ouverture des magasins.

Le «vendredi noir» marque aux États-Unis le début des achats de Noël, et est pour les commerçants américains une journée très importante, si ce n'est la plus importante de l'année.

Cette année pourtant, il ne s'agit que d'une journée de soldes parmi tant d'autres.

En effet, «des remises importantes et des promotions agressives à partir de début novembre ont poussé les consommateurs à ouvrir leur portefeuille plus tôt», souligne Taylor Schreiner, responsable de la société informatique Adobe Digital Insights.

Les Américains ont largement échappé jeudi au traditionnel repas familial de Thanksgiving, pour cause de COVID, et beaucoup ont profité de ce temps libre, la journée étant fériée, pour pianoter sur leur téléphone intelligent à la recherche de prix barrés.

Jamais une journée de Thanksgiving n'avait vu un tel volume de ventes sur internet, et «plus de 5 milliards de dollars (ont été) dépensés», détaille Taylor Schreiner. Près de la moitié des ventes en ligne ont été réalisées à partir d'un téléphone intelligent, un autre record.

Mais il précise que les nombreuses incertitudes «retardent toujours les achats de cadeaux restants».

Les États-Unis font en effet face à une nouvelle vague de COVID-19, avec des taux de contamination sans précédent.

De plus, la pandémie a creusé les inégalités. Plus de 20 millions d'Américains, ayant perdu leur emploi, vivent toujours grâce aux aides du gouvernement fédéral et des États.

Et, la situation pourrait devenir critique, si les élus du Congrès échouent à prolonger les mesures d'aide qui doivent expirer au lendemain de Noël. Ce sont alors 12 millions de chômeurs qui pourraient se retrouver sans ressource.

Le président élu Joe Biden a fait du vote d'un nouveau plan de relance une priorité.