/news/faitesladifference

Nos commerces de proximité ne seront pas sauvés par la magie des Fêtes

François Vincent

En ce Samedi PME, faisons la différence en achetant local. L’année 2020 a été très éprouvante. Pour plusieurs, le 1er janvier sera l’occasion de tourner la page et de recommencer à neuf. Dans ce contexte, la période des Fêtes jouera un rôle important pour se donner une dose de positivisme, d’amour et de joie car, comme chaque année, son esprit se répand; il réchauffe les cœurs des uns et égaie les sourires des autres. Il s’immisce dans notre quotidien pour nous rappeler des souvenirs ou pour nous en forger des nouveaux. 

Chaque année, les petits commerçants s'en donnent à cœur joie pour propager la magie des Fêtes, dans leurs commerces et dans nos rues, avec leurs guirlandes et leurs lumières. Pour plusieurs détaillants, c’est aussi la période la plus importante de l’année.  

La pire crise

Mais cette période des Fêtes n’est vraiment pas comme les autres pour les petits commerçants. Ils espèrent qu’elle ne sera pas la dernière qu’ils vivront pour leur entreprise, et avec raison. Pendant que les grandes surfaces et les géants du web réalisent des années records, la majorité des petits détaillants n’ont pas retrouvé leur niveau de ventes d’avant la crise. Même si la vague d’encouragement est forte pour l’achat local, les données d’un sondage, réalisé en septembre par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et Maru/Matchbox, montrent que les consommateurs prévoient de dépenser les deux tiers de leur budget des Fêtes dans les grandes entreprises. Pour les dirigeants de PME, la COVID-19 est la pire crise qu’ils n’ont jamais connue: fermetures obligatoires durant des mois, investissements massifs pour adapter leurs commerces, augmentation majeure de leurs dettes et nouvelles restrictions économiques qui s’appliquent dans plusieurs provinces. Pour plusieurs, ils vivent avec la peur de tout perdre. 

Cadeau précieux pour notre communauté

Selon les estimations de la FCEI, ce sont près de 24 000 détaillants et 30 000 PME du secteur de l’hébergement ou de la restauration qui risquent de fermer au Canada en raison de la pandémie. Pourtant, lorsque nous franchissons le seuil de leurs portes, nous sommes reçus avec un beau et grand sourire. Toujours aussi vrai, toujours aussi sincère et c’est avec toute la bienveillance du monde qu’ils continuent de faire, en dépit de grandes difficultés, ce qu’ils font de mieux: nous servir et nous conseiller sur les produits et services dont ils sont les experts. Si ce grand sourire est si sincère, c’est aussi parce que leur vocation est de contribuer au dynamisme de nos quartiers. La pandémie nous a peut-être habitués à commander en ligne et à recevoir nos colis le lendemain au pied de nos portes. Elle nous a peut-être aussi habitués à aller magasiner dans un seul commerce pour tout y trouver. 

Avec les Fêtes qui approchent, il peut être tentant de tout régler de cette manière, entre autres durant le Vendredi fou et le Cyberlundi, mais les cadeaux des Fêtes peuvent être plus précieux pour notre communauté. Ils apporteront de la joie à ceux qui les recevront et seront signe d’amour, d’amitié et d’attachement. Si nous choisissons de les acheter localement, ces cadeaux auront d’autant plus d’impact, car chaque dollar dépensé dans nos petits commerces de quartier aura un poids considérable. J’ai souvent écrit des lettres ouvertes pour parler de l’importance de l’achat local. J’ai souvent dit que notre prise de conscience est cruciale, mais maintenant, je pense qu’il faut passer à l’action. Il faut le faire, tout simplement. Je vous invite à commencer à magasiner dès maintenant en profitant de la journée du Samedi PME. Cette initiative vise à rappeler aux consommateurs de faire leurs achats directement dans les petits commerces de leur quartier ou sur leur site web durant cette fin de semaine spéciale. Pour ma part, je serai au rendez-vous samedi et je marquerai l’occasion en réalisant mes achats des Fêtes dans les commerces indépendants de mon quartier. Mes achats, comme les vôtres, serviront à faire la différence. Ils serviront à garder nos rues commerciales vivantes pour que, le moment venu, lorsque je marcherai avec mon enfant qui commence à lire, il puisse voir sur les devantures commerciales bien plus qu’une pancarte avec l’inscription «local à louer». 

François Vincent, vice-président Québec à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?