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Procès pour quatre accusés de l'assassinat d'un prêtre en 2016 en France

Agence France-Presse

Trois compagnons de route et un jihadiste absent, présumé mort en Irak: tous sont suspectés de responsabilités dans l'assassinat en juillet 2016 du père Hamel dans son église du nord-ouest de la France et seront jugés devant une cour d'assises spéciale, à une date encore à déterminer.

Selon l'ordonnance de mise en accusation dont l'AFP a pu prendre connaissance vendredi, les juges chargés de l'enquête renvoient l'un d'entre eux pour «complicité d'assassinat» terroriste dans le meurtre du prêtre dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, dans la banlieue industrielle de Rouen.

Il s'agit de l'instigateur probable de l'attentat, Rachid Kassim. Visé par un mandat d'arrêt, ce jihadiste, également accusé d'avoir téléguidé l'attentat de Magnanville en région parisienne et plusieurs projets d'attaques en France, aurait été tué en 2017 dans la zone irako-syrienne.

Selon les juges, il a «sciemment encouragé et facilité le passage à l'acte» des deux assaillants, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, avec des «conseils opérationnels et des instructions» données via le système de messagerie Telegram.

Trois autres personnes, Farid K., Yassine S. et Jean-Philippe Steven Jean-Louis, seront jugées pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle». Ils sont soupçonnés de s'être associés aux assaillants en étant informés de leurs intentions terroristes.

Farid K. a été arrêté au lendemain de l'attaque. Ce cousin d'Abdel Malik Petitjean, âgé de 35 ans, est notamment accusé d'avoir voulu se rendre en Syrie, d'avoir voulu commettre une action violente en France et d'avoir soutenu son cousin quand il a su que celui-ci initiait un projet terroriste.

Yassine S., originaire du sud-ouest de la France, est âgé de 26 ans. Interpellé quelques jours après l'attaque, il avait rejoint les deux assaillants, l'avant-veille de l'attaque. 

Il a déclaré au magistrat instructeur avoir fait un périple de 1000 km pensant «être entre jeunes, comme une colonie de vacances pour apprendre la religion», mais les avait quittés 24 heures avant l'attaque pour des désaccords sur sa pratique religieuse.

Jean-Philippe Steven Jean-Louis, 24 ans, a été mis en cause plus tard, en 2018. Les juges le soupçonnent d'avoir «prodigué des conseils à Abdel Malik Petitjean quant à ses velléités terroristes» et tenté de se rendre avec lui «à de multiples reprises en Syrie».

L'assassinat du père Hamel, cible hautement symbolique, avait eu un retentissement international, douze jours après l'attentat terroriste sur la Promenade des Anglais à Nice (86 morts le 14 juillet 2016).

Devant trois religieuses et un couple de paroissiens, le père Hamel, 85 ans, venait de terminer sa messe matinale le 26 juillet 2016 sur ces mots habituels: «Allez, passez une bonne journée.»

Les assaillants âgés de 19 ans, tous deux fichés S et qui se réclamaient de l'organisation État islamique, étaient entrés par la sacristie.

Kermiche avait fait s'agenouiller le prêtre puis lui avait porté deux coups de couteau à la gorge pendant qu'un paroissien de 86 ans était obligé de filmer l'assassinat avec un téléphone avant d'être poignardé à son tour. Grièvement blessé, il a survécu.

À leur sortie de l'église, les deux assaillants avaient été abattus par la police.

La mémoire de cet attentat a été ravivée fin octobre par une attaque dans une basilique de Nice qui a fait trois morts.