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Toujours aucune donnée sur la qualité de l'air dans les écoles

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Des mesures ont été prises pour assurer une bonne ventilation dans les écoles, démontre un rapport remis au ministre Jean-François Roberge, mais l’évaluation de la qualité de l’air, elle, sera connue dans un second temps.

Pour le ministre de l’Éducation, le document dévoilé vendredi permet de croire d’ores et déjà que l’aération des classes du Québec est adéquate. Des scientifiques ont fait valoir qu’une mauvaise aération des écoles pourrait faciliter la propagation de la COVID-19.  

En entrevue, le ministre Roberge cite trois indicateurs qui lui donnent confiance : l’entretien ménager des systèmes (98%), la ventilation (99%) et le plan d’entretien électromécanique (92,6%). «Je pense que c’est très rassurant», dit Jean-François Roberge.  

En plus de s’être assuré du bon fonctionnement des systèmes de ventilation, son ministère a donné la directive d’ouvrir les fenêtres pour une période de 15 à 20 minutes, trois fois par jour, pendant que les enfants sont absents.

La qualité de l’air sera testée 

Mais le ministre reconnaît que le rapport dévoilé vendredi n’évalue pas directement la qualité de l’air dans les écoles. «C’est pour ça qu’on va aller encore plus loin», lance-t-il. Québec testera, à compter de la semaine prochaine, la quantité de CO2 présente dans certaines classes.

Le ministère de l’Éducation et la Santé publique évaluaient encore vendredi après-midi le nombre d’écoles qui seront visitées. La date pour la publication de ce second rapport n’est pas encore connue.

Plus tôt cette semaine, des tests menés par un groupe de médecins dans près de 25 classes de la région montréalaise démontraient des concentrations de CO2 jugées inquiétantes. Une douzaine excédaient même la norme de 1000 parties par million au-delà de laquelle le ministère de l’Éducation estime que les occupants peuvent ressentir un inconfort.  

Pas de moniteurs 

Quant à la proposition des oppositions de doter toutes les classes de détecteurs de gaz carbonique et de purificateurs d’air au besoin, le ministre affirme qu’il ne s’agit pas pour le moment d’une recommandation de l’Institut national de santé publique du Québec.  

D’ailleurs, Jean-François Roberge souligne que le début de la saison froide n’a pas entraîné une hausse des cas de COVID-19 au cours des dernières semaines.  

Pour Québec solidaire, le rapport dévoilé vendredi est «une véritable insulte à l’intelligence». «Comment le ministre peut-il soutenir que nos milieux scolaires sont sains et sécuritaires, alors qu’il vient tout juste de demander des tests de CO2, et qu’il n’aura pas les résultats avant plusieurs semaines?» demande la députée solidaire Christine Labrie.  

À la CSQ, le syndicat des enseignants salue «le fait qu’un certain nombre de consignes sont émises pour assurer la qualité de l’air, notamment par l’ouverture des fenêtres et l’inspection des systèmes de ventilation».  

Toutefois, le document «escamote l’enjeu central de la qualité de l’air actuelle dans les écoles du Québec», estime le syndicat. «Nous demandons au gouvernement de s’engager à rendre publics les résultats des tests de la qualité de l’air des écoles, en toute transparence, pour les milliers d’élèves, de parents et les équipes-écoles», demande sa présidente, Sonia Éthier.  

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