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«Le père Noël doit mourir»: quand il faut tuer Noël

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Il était une fois un petit garçon appelé Billy (Chance Hurstfield) qui voulait se venger du père Noël. Il avait donc engagé un tueur à gages (Walton Goggins, toujours impeccable dans un rôle de méchant) pour occire Christopher Kringle (Mel Gibson, parfait).

Dans «Le père Noël doit mourir», comédie noire et absurde du temps des Fêtes, le père Noël existe vraiment. Il habite à Euréka, une petite ville du cercle polaire, avec sa femme Ruth (Marianne Jean-Baptiste, toujours égale à elle-même). Mais le père Noël est fatigué. Fatigué de devoir se battre avec le gouvernement américain pour être payé décemment et fatigué que l’esprit des Fêtes disparaisse peu à peu. «Nous sommes pourtant une industrie qui génère trois milliards de dollars», lance-t-il notamment à sa femme dans un accès de découragement.

Scénaristes et réalisateurs, les frères Ian Nelms et Eshom Nelms («Waffle Street») livrent ici des propos décapants sur la société dans laquelle nous vivons, un monde dans lequel un enfant – d’une famille riche – se concentre uniquement sur son succès, terrorise une petite fille et engage un tueur à gages parce qu’il a reçu un morceau de charbon pour Noël. Le scénario ne fait donc pas dans la dentelle et l’univers ressemble à une espèce de réalité alternative dans laquelle tout est devenu sombre. L’humour est grinçant de ce genre d’humour réservé aux adultes, de cet humour qui fait que le père Noël se reconvertit dans la fabrication de pièces d’avion pour l’armée.

«Le père Noël doit mourir» se situe dans la lignée du long métrage «Le père Noël est une ordure» ou de «Gremlins» (sans le côté optimiste de Steven Spielberg). C’est un anti- film de Noël, parfait en ces temps où on a décidément besoin de se défouler un peu.

Note: 3 sur 5