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Le retour des primes COVID chez Sobeys... mais pas chez nous

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Montréal

Empire Company, la société qui chapeaute la bannière IGA, renoue avec les primes pour ses travailleurs en zone de confinement total. Sur la photo, un IGA à Charlesbourg, près de Québec.

Photo d’archives, Didier Debusschere

Empire Company, la société qui chapeaute la bannière IGA, renoue avec les primes pour ses travailleurs en zone de confinement total. Sur la photo, un IGA à Charlesbourg, près de Québec.

Le géant de l’alimentation Empire Company, la société mère de Sobeys (IGA), renoue avec les primes pour ses employés de première ligne au Manitoba et dans certaines régions en Ontario en raison des nouveaux confinements. Au Québec, aucune mesure similaire n’est sur la table pour les salariés.

Jeudi, le Globe and Mail a rapporté que la société canadienne, qui chapeaute ici la bannière IGA, avait l’intention d’offrir des primes à ses travailleurs situés à Toronto et à Peel, en Ontario. Ce bonus COVID-19 sera également disponible pour tous les salariés de l’entreprise au Manitoba. 

Ces sommes, qui représenteront un montant supplémentaire variant de 10 $ à 100 $ de plus par semaine, dépendamment du nombre d’heures travaillées, seront versées temporairement tous les deux mois. Pour Empire, cela pourrait représenter une facture de 5 millions $ par trimestre.

Jointe par Le Journal, la direction a mentionné « suivre la situation de près » pour le Québec, sans préciser ses intentions envers les travailleurs. «Nous allons faire ce qui est le mieux pour nos employés et nos clients».

Lors du premier confinement, Empire avait offert notamment durant plusieurs semaines 2 $ supplémentaires l’heure à ses employés au front. Les chaînes Loblaw et Metro avaient aussi offert des incitatifs financiers.

Le syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), qui représente plusieurs salariés dans des IGA, se réjouit du retour des primes dans des supermarchés canadiens. La direction espère toutefois que ce mouvement touche également le Québec.

Confinement complet

Selon la porte-parole du syndicat, Roxane Larouche, Empire s’était engagé, lors de son passage cet été devant le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie de la Chambre des communes, à réintroduire les primes si des villes se confinaient de nouveau en totalité.

«Pour cette entreprise, la règle est claire, il faut un confinement complet», répond Mme Larouche. «C’est sûr que l’on continue de mettre une pression sur les grandes bannières. La demande est faite pour la prime», note-t-elle.

Cette dernière précise que son organisation travaille aussi à améliorer les salaires et les conditions en prévision du renouvellement des conventions collectives.

Rappelons qu’en juin dernier, la majorité des grandes chaînes dans l’alimentation avait mis un terme aux versements des primes aux travailleurs de première ligne, soit lors de la reprise graduelle des activités. Walmart avait aussi abandonné cette mesure le 31 mai.

Selon une note interne obtenue par Le Journal, Metro prévoit distribuer en décembre, en signe de remerciement à tous ses employés de première ligne qui ont travaillé dans ses magasins et centres de distribution, au cours des 8 dernières semaines, des cartes cadeaux pour ses établissements de 75 $, 150 $ et 300 $, en fonction du nombre d’heures travaillées.

La direction de Metro a préféré ne pas émettre de commentaires, précisant toutefois que cette mesure « n’a aucun lien avec une prime pandémie ».

Lowe’s n’a jamais arrêté

Le porte-parole du syndicat des TUAC, Roxane Larouche, mentionne que Lowe’s, propriétaire de RONA et Réno-Dépôt, est l’un des rares détaillants à avoir maintenu le versement de bonus COVID-19 depuis le printemps. 

«En avril, la compagnie a donné 300 $ aux travailleurs à temps plein et 150 $ aux employés à temps partiel. De mai à juillet, il y a eu le 2 $. Entre août et novembre, le boni de 150 $ ou 300 $ est revenu chaque mois», dit-elle.