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Consommation d’alcool: pas la «catastrophe appréhendée», selon Éduc-Alcool

Raphaël Pirro | Agence QMI

Après un changement abrupt dans la consommation d’alcool des Québécois lors des premiers mois du confinement, la situation semble s’être stabilisée, exception faite pour les 18-35 qui forment le seul groupe où la consommation excessive a connu un bond inquiétant.

«La catastrophe appréhendée ne se produit pas. Depuis le mois de mai, la situation s'est pas mal stabilisée dans l’ensemble. On a entendu ici et là que ça serait épouvantable, que la consommation d’alcool du monde allait faire qu’on allait ramasser des gens à la cuillère dans la rue, mais ce n’est pas le cas du tout du tout», a déclaré à l’Agence QMI Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’Alcool.

Selon un récent sondage réalisé par la firme CROP pour Éduc’Alcool entre le 19 et le 24 novembre, 8 Québécois sur 10 n’ont pas augmenté (67 %) ou ont diminué (13 %) leur consommation d’alcool au cours du mois de novembre, alors que 2 sur 10 l’ont un peu (17 %) ou beaucoup (3 %) augmentée.

Le sondage renfermait d’autres bonnes nouvelles. «Le chiffre le plus spectaculaire que nous avons découvert, c’est qu’il y a une diminution substantielle des gens qui recourent à l’alcool pour calmer leur angoisse», a dit M. Sacy. Ce chiffre est passé de 28 % en mai dernier à 17 % en novembre.

«C’est vraiment la plus grosse baisse, et elle n’est pas dans la marge d’erreur; elle est évidente, elle crève les yeux.»

La nouvelle est «rassurante» pour le directeur général d’Éduc’Alcool. Selon lui, la pandémie aurait pour effet potentiel de changer «durablement» les habitudes de consommation des Québécois.

«Pendant la pandémie, il y a plus de gens qui boivent plus fréquemment, mais qui abusent moins quand ils boivent. Autrement dit, ceux qui vont consommer la même quantité d’alcool répartie sur plusieurs jours, ça va être une excellente nouvelle et une bonne habitude à prendre», a-t-il répété, en expliquant qu’il est préférable pour la santé de boire raisonnablement tous les jours plutôt que de boire en excès un ou deux jours par semaine.

Autre fait intéressant : le nombre de Québécois faisant des apéros virtuels est resté stable, soit entre les 40 et 50 % de la population depuis le mois d’avril.

Il ressort tout de même de ce sondage une ombre au tableau: le taux de consommation excessive chez les jeunes de 18 à 35 ans.

«La moins bonne nouvelle, c’est que les 18-35 ans, et c’est partout pareil dans le monde, continuent à boire trop et trop souvent, a commenté Hubert Sacy. «Ils ne vont pas mourir tous demain matin, c’est sûr, mais c’est pas une bonne idée en temps de pandémie de boire trop souvent, parce que l’alcool, quand il est bu de manière excessive, sur une base régulière, ça affaiblit le système immunitaire.»

CROP identifie ce groupe comme comprenant surtout des Montréalais «plus fortunés», «qui ont subi un changement de situation d’emploi et ceux qui sont davantage affectés psychologiquement».