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Des écoles infestées par la COVID-19

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

Des éclosions majeures comprenant plus de 50 cas actifs de COVID-19 ont été recensées dans une quinzaine d’écoles depuis la rentrée, a appris Le Journal

L’établissement le plus touché jusqu’à maintenant serait une école secondaire privée de Trois-Rivières, le Séminaire Saint-Joseph, avec 87 cas parmi les élèves et les membres du personnel. 

Or les informations sur ces éclosions, qui permettraient d’en apprendre davantage sur la transmission du virus à l’intérieur des établissements scolaires, varient considérablement d’une région à l’autre. 

Au cours des derniers jours, en réponse aux questions du Journal, certaines directions régionales de santé publique ont rapidement déterminé les établissements touchés, le nombre de cas ainsi que les raisons pouvant expliquer la propagation fulgurante du virus.  

Dans trois cas, les rassemblements de jeunes à l’extérieur de l’école sont à l’origine de l’éclosion. Dans un autre établissement, le relâchement des mesures sanitaires parmi les membres du personnel a été considéré comme étant la cause ayant mené à la propagation du virus à l’intérieur de l’école.  

Dans d’autres régions, les directions régionales ont toutefois refusé de nous donner des précisions sur les éclosions en milieux scolaires, nous dirigeant vers le ministère de l’Éducation qui refuse de rendre publique la liste des écoles les plus touchées «pour des raisons de confidentialité». 

«Certains cas d’élèves ayant vécu de l’intimidation en lien avec un résultat positif à la COVID-19 ont été rapportés récemment et il est du devoir des centres de services scolaires de [les] protéger», affirme son porte-parole, Bryan Saint-Louis. 

Or il est difficile de tirer des conclusions à partir d’un bilan global puisque «chaque situation a son histoire», affirme Chantal Sauvageau, médecin spécialiste en santé publique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). 

Une vingtaine d’amis qui contractent le virus lors d’un party et qui, par la suite, contaminent tous quelques amis de leur bulle-classe ne veut pas nécessairement dire que la situation est problématique, si la propagation est contenue à l’intérieur des groupes, explique la Dre Sauvageau. «L’idée, avec la méthode actuelle, c’est que ça ne dépasse pas la bulle-classe», rappelle-t-elle. 

Le portrait pourrait toutefois être différent si le virus se propageait d’un groupe à l’autre, sans autre explication que la présence à l’école. 

«Ces distinctions-là ne sont pas faciles à aller chercher. Ça dépend vraiment de chacune des situations avant qu’on puisse dire que le milieu scolaire est problématique», ajoute la médecin de l’INSPQ. 

Le réseau scolaire compte présentement 357 éclosions actives. Les écoles représentent près de 30% de toutes les éclosions recensées dans la province présentement.  

Écoles où plus de 50 cas ont été recensés depuis la rentrée  

Séminaire Saint-Joseph 

Trois-Rivières 

87 cas (74 élèves et 13 membres du personnel) 

Début de l’éclosion: mi-octobre 

Un événement extérieur auquel ont participé plusieurs élèves aurait permis au virus de s’infiltrer dans l’école, selon les autorités de santé publique de la Mauricie. À la mi-octobre, les élèves qui n’étaient pas en zone rouge pouvaient encore fréquenter une deuxième bulle pour des activités sportives ou parascolaires, ce qui a pu contribuer à la propagation du virus dans l’établissement, explique son directeur, Dany Dallaire. 

École secondaire Barthélémy-Joliette 

79 cas 

Début de l’éclosion: mi-octobre 

Le virus s’est infiltré dans l’école par transmission communautaire pour se propager ensuite à l’intérieur des bulles-classes, indique la Direction de santé publique de Lanaudière. 

École primaire de l’Auberivière 

Lévis 

78 cas 

Début de l’éclosion: fin octobre 

Le virus a d’abord infecté plusieurs membres du personnel et des élèves. Le relâchement des mesures sanitaires parmi les employés pourrait expliquer la propagation de la maladie à l’intérieur de l’école, selon les autorités de santé publique de Chaudière-Appalaches.

École secondaire Jacques-Rousseau  

Longueuil 

68 cas (62 élèves et 6 membres du personnel) 

Début de l’éclosion: septembre 

La Direction de santé publique de la Montérégie refuse de donner des informations sur les causes de l’éclosion.

École primaire Cardinal-Roy 

Trois-Rivières 

67 cas (28 membres du personnel et 39 élèves) 

Début de l’éclosion: début novembre 

Des élèves et des membres du personnel auraient fréquenté l’école malgré des symptômes, selon la Santé publique de la Mauricie, qui précise toutefois qu’il ne s’agit que d’une hypothèse.

École secondaire Val-Mauricie 

Shawinigan 

63 personnes infectées (52 élèves et 11 membres du personnel) 

Un événement extérieur auquel ont participé plusieurs élèves, le même qui serait à l’origine de l’éclosion au Séminaire Saint-Joseph, aurait permis au virus de s’infiltrer dans l’école, selon les autorités de santé publique de la Mauricie. 

Polyvalente Saint-François 

Beauceville 

59 cas (51 élèves et 8 membres du personnel) 

Début de l’éclosion: début novembre 

Les rassemblements des jeunes à l’extérieur de l’école, les rencontres dans les centres d’achat ou sur les terrains publics et le vapotage en groupe peuvent être des causes expliquant l’éclosion, selon la Direction de santé publique de Chaudière-Appalaches.

École secondaire Thérèse-Martin 

Joliette 

57 cas positifs 

Début de l’éclosion: mi-octobre 

Le virus s’est infiltré dans l’école par transmission communautaire pour se propager ensuite à l’intérieur des bulles-classes, indique la Direction de santé publique de Lanaudière. 

École secondaire Gérard-Filion 

Longueuil 

56 cas (45 élèves et 12 membres du personnel) 

Début de l’éclosion: septembre 

La Direction de santé publique de la Montérégie refuse de donner des informations sur les causes de l’éclosion.

Trois écoles situées à Montréal 

(non identifiées) 

La Direction de santé publique de Montréal refuse de nommer les établissements. Dans les trois cas, le principal facteur demeure la transmission communautaire du virus dans les domiciles et les établissements scolaires, indique-t-on.