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Des égouts aux rivières dans 81 municipalités

Le déversement des égouts dans des cours d'eau est encore une réalité en 2020, alors que 81 municipalités du Québec rejettent encore à ce jour leurs eaux usées quasi sans traitement dans le fleuve ou dans des rivières.

Toutes les municipalités de la province qui exploitent un réseau d'égout doivent aménager une station d'épuration ou encore présenter un calendrier pour le faire d'ici le 31 décembre prochain.

Encore 81 de ces municipalités, dont 28 se retrouvent dans l'Est-du-Québec, ne sont pas conformes à cette mesure. Il s’agit souvent de petits villages, selon les données du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

«Ce sont des coûts très onéreux de mettre en place de genre de systèmes là. Des coûts répartis souvent sur très peu de maisons», a expliqué Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

«Nous, on n’est pas du tout surpris, il y a un chaos au gouvernement dans la gestion des eaux usées», a ajouté le président de la Fondation Rivières, Alain Saladzius.

On dénombre toute de même 25 sur ces 81 municipalités qui disposent d’un système de dégrillage permettant de filtrer les eaux usées avant leur rejet dans des cours d'eau.

Des programmes d'aide financière existent au ministère des Affaires municipales et de l'Habitation pour ces ouvrages.

«Maintenant, les municipalités font affaire avec deux ministères: le ministère de l'Environnement et le ministère des Affaires municipales. [...] Tout ça fait que c'est très très laborieux et les municipalités doivent recommencer à de multiples reprises leurs études», a ajouté M. Saladzius.

Les déversements sans traitement dans le golfe du St-Laurent seront bientôt chose du passé dans le secteur de Moisie et Maliotenam à Sept-Îles.

«Présentement, on est en cours de finir les plans et devis pour la construction d’étangs aérés dans ces endroits-là. La construction devrait se faire en 2021», a affirmé le directeur général de la Ville de Sept-Îles, Patrick Gwilliam.

«On va s'installer ce que ça prend, c'est subventionné, mais par la suite, est-ce qu'on va avoir les moyens de garder ce système-là. Je pense qu'il faut travailler avec les municipalités en ce sens pour trouver des solutions», a précisé Jacques Demers.

«Ces experts-là, on ne les a pas tout le temps dans nos municipalités. Là-dessus la FQM travaille avec le gouvernement pour trouver une formule dans laquelle on pourrait trouver une formule qu'on pourrait avoir des ingénieurs qui pourraient permettre d'accompagner et de régler plusieurs de ces cas municipaux là», a-t-il ajouté.

Le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a affirmé soutenir les municipalités dans les différentes étapes pour la construction de stations d'épuration.

«On souhaite qu'il y ait une volonté politique d'accompagner les municipalités dans leurs démarches, de simplifier le dédale administratif», a laissé tomber le président de la Fondation Rivières.