/news/society

La Commission Laurent demande à Québec de nommer un «ange gardien et chien de garde» à la DPJ

TVA Nouvelles

La Commission Laurent, formée après la triste mort de la fillette de Granby en 2019, demande au gouvernement Legault de nommer rapidement un «ange gardien et chien de garde» à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). 

• À lire aussi: Trois enfants maltraités à Granby: un huissier marqué par sa macabre découverte

• À lire aussi: Fillette martyre: pas de procès avant septembre 2021

Constant un problème de leadership et d’imputabilité au sein de l’organisme, la présidente de la commission, Régine Laurent, a indiqué que les commissaires souhaitent qu’un directeur national de la protection de la jeunesse soit nommé rapidement. 

«En ce moment, il n’y a personne qui fait une coordination», dit-elle en entrevue à Mario Dumont. 

Mme Laurent ajoute que cette personne devrait être nommée rapidement afin qu’il soit déjà en poste lors du dépôt du rapport en avril 2021. 

Par communiqué, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, indique qu’il est favorable à cette demande. 

«La création d’un poste de directeur national de la protection de la jeunesse est très intéressante et va dans le sens de ma réflexion. Nous entendons donner suite rapidement à la Commission sur cette recommandation», lit-on. 

Parmi les autres constats émis par les commissaires à la lumière des nombreux témoignages reçus lors d’audiences publiques, de forums et de mémoires, la présidente souligne le financement inadéquat. 

Elle note également le travail en solo et la fragilité des services qui favorisent une hausse des signalements depuis 40 ans et demande des changements au niveau des pratiques judiciaires. 

Il est aussi question de la voix des enfants qui n’est pas suffisamment prise en compte. 

«Quand on a commencé l’audience avec des jeunes qui ont eu un parcours en centre jeunesse, plusieurs nous ont dit avec beaucoup d’émotion que c’était la première fois qu’on leur donnait la parole», raconte Mme Laurent. 

Autochtones     

Les commissaires affirment également que des changements doivent être apportés dans les interventions auprès des familles autochtones. 

Nos recommandations feront en sorte que les autochtones doivent avoir les deux mains sur le volant et que les solutions qui les concernent devront être consenties, animées, discutées avec eux dans une action de confiance réciproque. Et il y a actuellement une illustration que ces droits-là et le respect de la culture et tout ça n’est pas respecté» affirme Alain Lebon, vice-président de la commission.

La Commission Laurent devait d’abord livrer son rapport ce lundi, mais le dépôt de ce dernier a été reporté au 30 avril 2021 après avoir demandé plus de temps au gouvernement. 

Lancée en octobre 2019, la Commission a entendu près de 300 témoins et reçu plus de 200 mémoires.

- Avec la collaboration de Hugo Duchaine, Journal de Montréal