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Les relations du Québec avec l'administration Biden

Claudie Côté | TVA Nouvelles

Les réflexes protectionnistes des Américains et la pandémie de COVID-19 forcent le ministère des Relations internationales à réviser ses cibles d'exportations.  

Le président élu Joe Biden s'est engagé à renforcer le «Buy American Act», une mesure protectionniste qui pourrait faire mal aux exportations québécoises. 

«Ce n’est pas parce que l'administration américaine a changé qu'il n'y aura plus de protectionnisme. Il y en aura autant qu'il y en avait probablement» admet la ministre des Relations internationales, Nadine Girault. 

«C’est un enjeu. Il faut être plus alerte avec les différents gouvernements et les acteurs économiques», ajoute-t-elle en entrevue à TVA Nouvelles.

Car ce sont 71 % des exportations du Québec qui sont dirigées vers les États-Unis. «Durant les quatre dernières années, on avait un président très protectionniste, ça ne nous a pas empêchés de faire de très bonnes affaires. Il faut juste le travailler différemment », répond la ministre, optimiste.

«Il n'y a plus de missions, évidemment, plus de voyages non plus. On s'est réinventé complètement. On fait énormément de rencontres web et vidéos», commente Mme Girault, tout en ajoutant que l’objectif est d’accentuer le virage de la diplomatie d'influence vers la diplomatie économique.

Le nord-est des États-Unis, mais aussi la Californie et le Texas sont dans la mire du gouvernement. Joe Biden souhaite amorcer la transition de son pays vers les énergies vertes, une bonne nouvelle pour Hydro-Québec et son projet de ligne électrique entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre.

Cibles d’exportations révisées  

Le gouvernement Legault avait le pied sur l'accélérateur pour compléter le virage économique. Les cibles étaient ambitieuses: augmenter la valeur des exportations internationales et interprovinciales des biens et services du Québec, doubler les investissements directs étrangers au Québec et diminuer la dépendance du Québec à l'égard du marché américain.

La pandémie de COVID-19 a contrecarré les plans. «Ce qu'on vise maintenant, c'est récupérer le niveau d'exportations qu'on avait avant la pandémie. Idéalement, nous allons l'augmenter, mais il faut d'abord récupérer le niveau d'exportations de 2019», admet Nadine Girault.

En 2019, le Québec a exporté pour 93,3 milliards de dollars. En 2020, les exportations ont chuté à 72,6 milliards de dollars.