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Liste de Legault retirée: un recul causé par la peur, dit Mathieu Bock-Côté

Après avoir publié puis retiré la liste des suggestions de livres du premier ministre François Legault, l’Association des libraires du Québec l’a finalement remise en ligne. Un livre en particulier dérangeait les internautes: «L'empire du politiquement correct» de Mathieu Bock-Côté.

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Le chroniqueur et essayiste a expliqué à LCN ce qui s’est passé selon lui. «C’est une réaction de bon sens, c’est une réaction de survie vu la réaction populaire et de l’ensemble du milieu politique intellectuel qui dit que la censure n’a pas sa place», dit-il.

Il ne peut s'empêcher de constater que cette nouvelle controverse s'inscrit dans un mouvement. Dans les derniers mois, l’Université d’Ottawa, l’Université Concordia et Radio-Canada se sont retrouvées au cœur de crises similaires.

«C’est une tentation de la censure qui s’installe de plus en plus dans notre société. Ils ont décidé de frapper le premier ministre ce qui était quand même un peu loufoque», ajoute l’analyste.

Selon lui, dans certains milieux, la censure est devenue la nouvelle norme. «Ça nous vient des campus américains, mais ça contamine l’ensemble de la culture», avance-t-il.

Il dit être scandalisé par la faiblesse des administrations. «Le premier réflexe devant l’administration c’est de se coucher, mais il a un tollé de l’opinion publique, elle décide de se lever. Le premier réflexe est de se coucher, c’est une constante», affirme-t-il.

Quant au fait de s’être retrouvé sur la liste du premier ministre, Mathieu Bock-Côté le voit comme un compliment. 

«J’en suis très heureux, j’en suis très flatté, mais ça ne m’empêchera pas de le critiquer lorsque je crois que c’est nécessaire», conclut-il.