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Mise à jour économique: plus de 25 milliards $ en nouvelles dépenses

Émilie Bergeron | Agence QMI

Sans surprise, le fédéral est bien loin de fermer le robinet des dépenses avec sa mise à jour économique dévoilée lundi. Les libéraux de Justin Trudeau allongent plutôt 25,1 milliards $ supplémentaires dès 2020-2021 pour une brochette de nouvelles mesures visant à contrer la COVID-19 et à stimuler l’économie au lendemain de la pandémie.

Ces dépenses s’ajoutent aux plus de 300 milliards $ déjà investis par Ottawa en mesures de soutien.

«C’est important d’être prudent [en dépensant], mais la prudence inclut de permettre à notre économie de ne pas être trop blessée, à nos entreprises de ne pas fermer», a martelé la ministre des Finances Chrystia Freeland.

Voici un survol de plusieurs des mesures annoncées lundi:

1 - Allocation canadienne pour enfants bonifiée

Les libéraux allongeront, en 2021, un soutien temporaire de 1200 $ aux parents d’enfants de moins de 6 ans qui ont un revenu cumulatif net de 120 000 $ ou moins. Les ménages gagnant plus que cette somme auront quant à elles droit à 600 $ supplémentaires. Ottawa prévoit qu’il lui en coûtera 2,4 milliards $.

2 - Vers des normes pour les centres de soins de longue durée

Le gouvernement Trudeau garde le cap sur son idée d’établir des normes nationales de qualité concernant les soins donnés aux aînés dans les centres de soins de longue durée, ce qui fera sans doute grincer des dents le premier ministre québécois François Legault. Dans un premier temps, Ottawa prévoit verser 1 milliard $ aux provinces et territoires par le biais d’un nouveau fonds pour la prévention et le contrôle des infections. On signale toutefois que «ce financement sera conditionnel à la présentation de plans de dépenses détaillés».

3 - Aide pour hôtellerie et autres secteurs particulièrement touchés

Ottawa promet de mettre sur pied, en collaboration avec les banques, un nouveau programme de prêts garantis pour donner un coup de pouce aux secteurs de l’hébergement, du tourisme et des arts et du divertissement, notamment. Les intervenants de ces se.0cteurs auront ainsi accès à des prêts à faible taux d’intérêt pouvant atteindre 1 million $ et auront jusqu’à 10 ans pour les rembourser. Quant au stimulus tant attendu par l’industrie de l’aéronautique, il ne figure pas dans l’énoncé économique de lundi sous prétexte que les discussions se poursuivent.

4 - Vers un réseau national de garderie

Peu de nouveaux détails sont dévoilés dans l’énoncé économique sur la création d’un réseau pancanadien de services abordables de garderies, mis à l’ordre du jour dans le discours du Trône. C’est dans le budget qui sera déposé un printemps qu’on promet de donner l’heure juste, notamment sur le droit de retrait avec pleine compensation du Québec. En attendant, Ottawa réserve 20 millions $ sur cinq ans pour mettre sur pied un Secrétariat fédéral responsable de l’apprentissage et de la garde d’enfants.

5 - Rénovations écoénergétiques

Le gouvernement Trudeau veut encourager les Canadiens à rendre leur maison plus écoénergétique au moyen de 700 000 subventions pouvant atteindre 5000 $. Il promet ainsi de réserver 2,6 milliards $ sur sept ans à partir de 2020-2021. On prévoit aussi, avec cette enveloppe, des évaluations gratuites pour mesurer l’efficacité énergétique des résidences. Ottawa entend aussi dépenser 150 millions $ sur trois ans pour l’installation de nouvelles bornes de recharge pour véhicules électriques.

6 - Plan de relance de 100 milliards $

Les nouveaux investissements de 25,1 milliards $ pour 2020-2021 font partie d’un vaste plan de relance post-COVID-19. En marge de ce plan dont les contours restent à être précisés, Ottawa entend dépenser, en trois ans, de 70 à 100 milliards $. De telles dépenses équivalent à environ 3 % du PIB. «Le plan de relance aidera le gouvernement à se sortir de cette récession et se diriger vers une économie plus verte, plus novatrice, plus inclusive et plus compétitive», promet-on. Il faudra toutefois attendre le budget au printemps pour avoir plus de détails.

7 - Quels nouveaux revenus?

Dans la colonne des recettes, Ottawa compte sur des mesures attendues depuis longtemps pour mettre au pas les géants du web. Ainsi, on entend forcer, dès juillet 2021, les entreprises étrangères du numérique à percevoir la TPS sur leurs produits et services pour mettre fin au désavantage subi par les plateformes canadiennes. Le fédéral estime ainsi pouvoir aller chercher 1,2 milliard $ sur cinq ans. Ensuite, à partir de janvier 2022, on entend imposer une taxe sur le revenu aux Netflix de ce monde qui générera 3,4 milliards $ dans les premiers cinq ans. La ministre des Finances, Chrystia Freeland, signale que le Canada agira «unilatéralement» s’il le faut, sans attendre de consensus au sein de l’OCDE.