/news/society

Une maison d'hébergement pour femmes en Estrie déborde

Mélissa Fauteux | TVA Nouvelles

La maison d'hébergement l'Escale de l'Estrie, qui vient en aide aux femmes et aux enfants victimes de violence conjugale et familiale, est débordée. L’on peut parfois compter jusqu'à 7 familles en attente d'une place.

Une situation exacerbée par la Covid-19 selon Julie, intervenante à l'Escale de l'Estrie. «Même avant la pandémie, c'était plein, donc là on a des listes d'attente. Chaque fois qu'une chambre ou un appartement se libère, il y a une femme qui attend pour pouvoir s'y installer», a-t-elle déclaré. Les cas de violence conjugale sont plus nombreux et plus intenses qu'avant, selon l'intervenante.

«Ce qu'on retrouve, ce sont des couples qui sont 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ensembles. La femme a peu de possibilités de nous contacter ou même de sortir seule parce que souvent, si elle sort, l'autre personne va l'accompagner.»

La victime de violence conjugale tarde donc à appeler une ressource d'aide. «Plus on tarde, plus la violence peut s'amplifier. On se retrouve donc avec des femmes qui arrivent chez nous en temps de Covid-19 qui ont subi des violences plus intenses.» 

De là l'importance pour les proches de reconnaître certains signes, estime Julie. «Si une femme ne se sent pas bien, se déprécie, n'a pas confiance en elle et demande souvent l'approbation des autres, ça pourrait être un signe. Tout comme si elle ne veut pas parler de ses émotions ou de ce qu'elle vit et qu'elle nous dit qu'elle va nous rappeler, mais ne nous redonne jamais de nouvelles», a-t-elle expliqué. L'Escale de l'Estrie héberge près de 130 femmes et enfants chaque année.La ressource d'aide reçoit environ 3600 demandes annuellement.