/news/politics

Justin Trudeau se fait rabrouer par l'Inde

Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau s'est fait rabrouer par l'Inde, mardi, après avoir pris position en faveur de dizaines de milliers d'agriculteurs qui ont manifesté contre le gouvernement à New Delhi lors d'événements qui se sont parfois terminés dans la violence.

Depuis une semaine, les paysans cherchent à bloquer des accès à la capitale indienne pour faire pression sur le gouvernement afin de faire modifier des réformes agricoles annoncées. Or, certaines de ces manifestations ont viré en violents affrontements avec les forces de l'ordre.

La situation a interpellé Justin Trudeau qui y a fait allusion lors d'une activité en ligne tenue lundi soir pour souligner Gurpuparb, une fête sikhe. Divers ministres et députés, dont ceux des Sciences et de l'Industrie Navdeeps Bains et de la Défense nationale Harjit Sajjan, prenaient part à cette rencontre virtuelle.

«La situation est préoccupante et nous sommes tous inquiets pour les familles et amis. Je sais que c'est une réalité pour plusieurs d'entre vous. Je vous rappelle que le Canada sera toujours là pour défendre les droits des manifestants pacifiques. Nous croyons en l'importance du dialogue et c'est pourquoi nous avons contacté de plusieurs façons les autorités indiennes pour leur faire part de nos préoccupations», a commenté le premier ministre.

Ces propos ne sont pas passés inaperçus dans la classe politique indienne, qui n'a guère aimé voir un dirigeant étranger se mêler du conflit agricole.

«Des commentaires mal-informés ont été formulés par des dirigeants canadiens en lien avec les fermiers indiens. Ils ne sont pas les bienvenus, particulièrement lorsqu'ils ciblent les affaires internes d'une démocratie», a commenté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anurag Srivastava, dans une déclaration relayée par plusieurs médias indiens.

D'autres politiciens ont aussi laissé entendre mardi que Justin Trudeau – qui semble être le premier dirigeant étranger à se prononcer sur ce conflit – n'a pas à prendre position sur cet enjeu.

L'Inde demeure un pays avec lequel Justin Trudeau a dû mal à s'accorder. En février 2018, un voyage diplomatique du premier ministre avec sa famille avait viré au fiasco, M. Trudeau ayant été moqué pour ses habits traditionnels, pour avoir été vu en compagnie d'un extrémiste sikh et pour avoir été snobé par le premier ministre Narendra Modi. Ce déplacement avait coûté plus de 1,5 million $ aux contribuables.