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Autre vote de confiance à venir pour le gouvernement Trudeau

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué mardi que son gouvernement minoritaire se prêtera à l’exercice d’un vote de confiance dans le cadre d’un projet de loi qui inclura des éléments de sa mise à jour économique.

«C’est un énoncé automnal et des mesures économiques qui seront, bien sûr, une question de confiance» a-t-il confirmé en point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage. 

Il s’est dit confiant que son gouvernement ne tombera pas, arguant que ni lui ni les partis d’opposition souhaitent le déclenchement d’une campagne électorale fédérale. 

Déjà, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh a signalé qu’il a l’intention de négocier avec les libéraux. 

«Comme on a fait depuis le début de la pandémie, on est prêts à travailler ensemble pour avancer sur des enjeux qui aident [...] monsieur et madame Tout-le-Monde. On va utiliser notre position et négocier pour obtenir plus d’aide», a-t-il soutenu. 

Il a toutefois précisé que les discussions n’ont pas encore commencé. Il s’est donc gardé de définir quelles seront les conditions pour un appui des néo-démocrates. 

M. Singh s’est tout de même permis de mentionner qu’il aimerait voir les libéraux inclure plus d'aide pour les étudiants. La mise à jour économique prévoit d’éliminer les frais d’intérêts sur la portion fédérale des dettes étudiantes pour 2021-2022. 

Le leader du NPD fait aussi valoir que le moment serait opportun pour que les libéraux remplissent leur promesse d’instaurer le salaire minimum de 15 $ pour les travailleurs sous juridiction fédérale. 

Il reste à voir quels éléments de la mise à jour économique se retrouveront dans le projet de loi. La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a inscrit au feuilleton qu’une telle pièce législative sera présentée aux Communes dans les prochains jours. Cela pourrait survenir aussitôt que mercredi. 

Bloquistes et conservateurs disent vouloir attendre d'analyser le texte du projet de loi avant de déterminer comment ils voteront. 

«À plusieurs reprises, les libéraux ont promis une chose et ont livré, dans l’écriture de leurs lois, autre chose», a soutenu le porte-parole conservateur en matière de Finances, Pierre Poilievre. 

Pour le chef bloquiste Yves-François Blanchet, il est clair que les troupes de Justin Trudeau pourront compter sur l’appui du NPD parce qu'elles acceptent toujours que les formations politiques comme la leur touchent la subvention salariale. 

Si les partis d’opposition ont tous vertement critiqué l’énoncé économique, lundi, il reste à voir comment ils positionneront leurs billes pour le vote de confiance. 

Pour y survivre, les libéraux auront besoin de l’appui d’au moins un des principaux partis d’opposition. 

Pas de fin de non-recevoir sur les transferts en santé, dit Trudeau 

Par ailleurs, le premier ministre Trudeau a assuré, mardi, qu’il est ouvert à une hausse des transferts en santé aux provinces même si la mise à jour économique reste muette à ce chapitre. 

«On [sera] là avec les premiers ministres des provinces, la semaine prochaine, pour parler des dépenses en matière de santé dans les années à venir, mais maintenant, vous allez comprendre que notre priorité, c’est d’aider les Canadiens à passer à travers cette crise-ci», a-t-il martelé. 

La rencontre réclamée depuis longtemps sur les transferts en santé aura finalement lieu le 10 décembre. Les premiers ministres provinciaux réclament que le fédéral fasse passer sa part pour couvrir les coûts en santé de 22 % à 35 %, avec ses transferts annuels.

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