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Un prêteur virtuel pour votre hypothèque, une bonne idée?

Ghislain Larochelle | Journal de Montréal

Puppet with piggy bank and house

Illustration Adobe Stock

Dans le marché du prêt hypothécaire, les grandes banques canadiennes, qui ont pignon sur rue, sont concurrencées par les prêteurs dits « virtuels ». 

Certains de ces prêteurs virtuels se spécialisent dans les prêts hypothécaires et offrent les mêmes services que la banque située au coin de la rue, à une différence près : il n’y a pas de succursale, puisque tout se fait par téléphone et par internet. 

Au Canada, il y a par exemple la Financière First National, MCAP, Paradigm Quest et MERIX Financial, pour ne nommer que ceux-ci. 

Auriez-vous peur d’emprunter de l’argent à ces institutions financières ? En fait, il n’y a pas vraiment de raison d’avoir peur, puisque les prêteurs virtuels sont régis par la Loi sur les banques, la même qui régit les grandes banques canadiennes. De plus, le processus est le même que pour demander un prêt à la banque située au coin de votre rue, à l’exception que tout se fait en virtuel et par l’entremise d’un courtier hypothécaire.  

Pour décider d’opter ou non pour un prêteur hypothécaire virtuel, il faut considérer les avantages et les inconvénients. 

Les avantages

Moins de frais : Les prêteurs virtuels ont moins de coûts fixes et peuvent par conséquent baisser leurs frais. Parfois, les taux sont plus avantageux. Mais attention, ce n’est pas systématiquement le cas. 

Moins de sollicitation pour d’autres produits : Les prêteurs qui se spécialisent en prêt hypothécaire et qui n’ont rien d’autre à vendre ne vous achaleront pas pour vous vendre d’autres produits, tels un compte d’épargne, une marge de crédit ou une carte de crédit. 

Les désavantages 

L’éventail de produits est limité : Vous n’aurez peut-être pas accès à une marge de crédit hypothécaire.

Impossible de payer en liquide : Manipulez-vous souvent des billets de banque ? Si vous envisagez de faire affaire avec un prêteur virtuel, sachez qu’il ne sera pas possible de passer au comptoir afin de faire un versement anticipé en argent liquide. 

Plus difficile de centraliser vos finances : Certaines personnes préfèrent centraliser dans la même institution leur hypothèque, leurs placements et leurs comptes de banque. Mais est-ce vraiment une bonne idée de tout centraliser ?
En décentralisant, vous pourriez aller chercher de meilleures offres à droite et à gauche. 

En bref, pour décider ou non d’opter pour un prêteur hypothécaire virtuel, il ne faut pas s’arrêter au taux d’intérêt. Il faut considérer les autres conditions d’emprunt. C’est un peu comme à l’achat de votre maison ; vous n’irez pas acheter la moins chère simplement parce que c’est la moins chère, puisque vous pourriez vous retrouver avec quelques petites surprises...


Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.

Conseils  

Peu importe avec qui vous faites affaire pour votre hypothèque, prenez le temps de lire les petits caractères sur votre contrat.  

Pour trouver un prêteur hypothécaire virtuel, vous pouvez utiliser un comparateur de taux en ligne ou encore faire directement appel à un courtier hypothécaire certifié. Vous pouvez valider son droit de pratique en vérifiant sur le site web de l’Autorité des marchés financiers (AMF).  

Tout se négocie, même les conditions de votre prêt hypothécaire. Peu importe le prêteur avec qui vous faites affaire, n’hésitez pas à négocier, autant avec la banque virtuelle qu’avec celle qui a pignon sur rue.