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Légende de la lutte, le Québécois Pat Patterson est décédé

Agence QMI

COURTOISIE/WWE

Avec le décès de Pat Patterson, le Québec a perdu une grande légende de la lutte professionnelle et sans doute son représentant le plus influent dans l’histoire de la WWE.

Patterson est décédé à 79 ans, dans la nuit de mardi à mercredi, lui qui avait été hospitalisé dans la région de Miami au cours de la dernière semaine en raison de problèmes au foie.

«Véritable pionnier de l’industrie, Patterson a été lié à de nombreuses premières tout au long de sa carrière historique, y compris le tout premier règne du titre intercontinental et la création du concept "Royal Rumble", a-t-on souligné sur le site web de la WWE, rappelant que Patterson a été le bras droit du propriétaire Vince McMahon au terme d’un prolifique séjour à titre de lutteur. Au cours d’une carrière de six décennies, il a laissé une marque indélébile sur l’industrie dans le ring, au micro et dans les coulisses.»

«C’était vraiment un homme gentil et il m’a tellement aidé dans mon parcours dans la WWE, a pour sa part mentionné le lutteur québécois Kevin Owens, dans une touchante vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Lui et moi, on connectait, car nous étions tous deux des Canadiens français, mais il aidait tout le monde du mieux qu’il pouvait dans l’industrie. Comme humain, il était encore meilleur. Il n’y a pas une fois où je l’ai rencontré qu’il ne me demandait pas des nouvelles de ma famille. Pat était attentionné, il t’écoutait. Il va réellement manquer à tout le monde dans la WWE.»

Changer de nom

Né Pierre Clermont, le Montréalais a toujours été fier de ses racines, lui qui s’autoproclamait «Le Rêve du Québec». Il a été une inspiration pour de nombreux lutteurs d’ici visant une carrière aux États-Unis, dont Owens. Pour ce faire, l’homme avait toutefois cru bon de changer son nom.

«Un jour, j’ai pris un dictionnaire et je l’ai ouvert. Le premier nom que j’ai vu, c’est celui de Pat. Voilà ! Je m’appelais désormais Pat Patterson, avait-il expliqué, lors d’une entrevue accordée à l’Agence QMI il y a quelques années. Vous savez, un gars avec un nom français a peu de chances de se retrouver au Madison Square Garden (de New York).»

Patterson avait effectué ses débuts professionnels à Montréal, en 1958. À l’époque, il était surnommé «Pretty Boy» et incarnait un lutteur efféminé utilisant du rouge à lèvres et portant un maillot rose, en plus de débarquer dans l’arène en compagnie d’un chien. Au terme de sa grande carrière, il a été intronisé au Temple de la renommée de la WWE, en 1996. À titre de vice-président de la WWE, Patterson a par ailleurs été responsable du contenu créatif de l’entreprise et également commentateur à la télévision.

«Pat, c’était un génie de la lutte, il avait une fine connaissance de l'industrie et savait ce que ça prenait pour faire de bons spectacles, a résumé Pat Laprade, animateur au réseau TVA Sports et historien de la lutte professionnelle, lorsque joint au téléphone. C’est en effet le Québécois le plus influent dans l’histoire de la WWE.»

Être soi-même

À propos de sa vie personnelle, Patterson avait dévoilé publiquement son homosexualité, en 2014.

«Pour une fois dans ma vie, je serai moi-même», avait-il alors mentionné, précisant avoir été en couple durant environ 40 ans avant le décès de son conjoint Louie Dondero.

Il avait aussi abordé le sujet dans sa biographie intitulée «Accepted : How the First Gay Superstar Changed WWE», parue en 2016 et dont l'auteur est le Québécois Bertrand Hébert.

«Pour lui, de prendre la décision de le dire, ça signifiait qu’il n’avait plus besoin de le cacher, a témoigné Hébert, ému par le départ de Patterson. C’était un bon vivant qui a profité de la vie et il ne regrettait rien.»

La Coupe Pat-Patterson?

Concernant son apport au monde de la lutte à titre de dirigeant, Hébert mentionne que le Québécois savait d’abord et avant tout reconnaître le talent, ayant notamment contribué fortement aux carrières fructueuses de Shawn Michaels, Bret Hart et, plus récemment, Rey Mysterio, pour ne nommer que ceux-là.

«Dans le livre, il avait émis le souhait qu’on crée la Coupe Pat-Patterson pour remettre au gagnant du Royal Rumble. J’avais trouvé cette idée intéressante et ce serait un merveilleux clin d’œil à lui faire», a conclu Hébert.