/finance/homepage

Annulation des rassemblements à Noël: les éleveurs de dindons perdront des plumes

Jadrino Huot | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE/Marie-Michèle Trudeau

Les éleveurs de dindons du Québec demeurent tout de même optimistes malgré l’annulation des rassemblements durant le temps des Fêtes en zone rouge, mais la grosseur réduite des volailles vendues cette année pourrait avoir des conséquences importantes à plus long terme.

• À lire aussi: Pêche aux petits poissons des chenaux: la nervosité s’installe

• À lire aussi: Pas surpris de l’interdiction des rassemblements à Noël

La pandémie a obligé les 148 éleveurs de dindons du Québec à réduire de 8 % leur production, ce qui a entraîné des pertes de 5,4 millions $. Or, Noël représente le temps de l’année le plus faste pour eux, comptant pour 36 % des ventes annuelles.

«Il est difficile à ce stade de chiffrer l’impact pour l’industrie. La gestion de l’offre nous a permis d’absorber ensemble des manques à gagner importants. La situation difficile de notre industrie et les défis supplémentaires qu’impose la COVID-19 fragilisent la santé financière de nos membres», a écrit la fédération des Éleveurs de volailles du Québec à l’Agence QMI.

Grosseur réduite 

Les éleveurs ont fait des efforts pour adapter la taille des oiseaux entiers afin de répondre à la demande de plus petits groupes. La majorité des personnes ayant passé jusqu’à maintenant des commandes cette année optent d’ailleurs pour des dindons de 10 à 12 livres.

Toutefois, considérant qu’un dindon prend au minimum 62 jours pour passer de l’œuf à la table, certains producteurs, tout comme certains détaillants, resteront pris avec les plus gros spécimens.

«Il est trop tard pour se revirer de bord», a tranché Véronique Racine, copropriétaire de la Ferme Avibross à Kingsey Falls, dans le Centre-du-Québec. «Les boucheries et les épiceries pourront toujours transformer et congeler les dindons restants, mais cela veut dire qu’ils n’en recommanderont pas avant un bon bout de temps», a-t-elle analysé.

«Les gens sont habitués à manger de la dinde à Noël. Avec la pandémie, ils auront juste plus de temps pour cuisiner les restes», a lancé en riant Pascal Choquette, éleveur chez Dindons Choquette de Saint-Paul-d'Abbotsford, en Montérégie.

Casse-tête 

L’annonce du gouvernement Legault demeure toutefois tout un casse-tête pour les éleveurs de dindons qui vendent leurs produits directement à la ferme.

«Nous ne savons pas à quoi nous attendre. Nous avons déjà beaucoup de réservations. Nous devrons appeler tous nos clients pour savoir s’ils annulent leurs commandes ou non», a relaté Teresa Fuoco de Volailles aux grains dorés à Saint-Dominique, en Montérégie.

«Nous nous attendons à des annulations», a estimé pour sa part Véronique Racine. «Nous nous attendons aussi à beaucoup de téléphones et de questions au cours des prochaines heures et des prochains jours», a-t-elle conclu.