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«Demain matin, je me fais vacciner»

TVA Nouvelles

Même si le développement et l’approbation des premiers vaccins contre la COVID-19 se sont faits à vitesse grand V dans le monde, il ne faut pas pour autant craindre pour leur sécurité, affirme le docteur en virologie à la retraite Jacques Lapierre.

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Alors que le Royaume-Uni a été le premier pays, mercredi, à approuver le candidat-vaccin de la pharmaceutique Pfizer, et que d’autres comme les États-Unis s’apprêtent à donner le feu vert, certains estiment que les citoyens de ces pays serviront de «cobayes» pour tester la sécurité des vaccins sur une large population.

Or, tous les candidats-vaccins actuellement sous la lorgnette des autorités réglementaires de nombreux pays dans le monde ont été développés dans le respect des meilleures pratiques, estime Jacques Lapierre.

«Ces entreprises ont fait un travail très sérieux, affirme-t-il. Elles ont eu de la pression énorme de livrer rapidement, entre autres aux États-Unis, où c’était très politique, et ils n’ont pas été influencés par ces pressions.»

Pour le simple cas de Pfizer, la pharmaceutique a eu accès à un important bassin de près de 60 000 personnes afin de tester son vaccin en phase 3.

«Ce sont de très gros essais cliniques, dit le virologue. L’analyse des résultats est faite par l’entreprise qui fabrique et elle est faite de manière indépendante par les autorités réglementaires de chacun des pays, donc je pense que c’est très sérieux.»

«Demain matin, je me fais vacciner», enchaîne-t-il sans hésitation.

Un vaccin pour quand? 

La question est maintenant de savoir à quel moment les premiers Canadiens pourront être vaccinés. L’annonce de l’approbation du vaccin par le Royaume-Uni, mercredi, a de nouveau accentué la pression sur le gouvernement fédéral et Santé Canada afin de déployer le plus rapidement l’arsenal.

«Je pense que le Canada n’est pas très loin derrière les Anglais. [...] Je pense que ça ne devrait pas tarder pour nous d’après ce que j’entends», note M. Lapierre.

Le premier ministre de l’Alberta Jason Kenney a déjà avancé la date du 4 janvier pour la réception des premiers vaccins dans sa province. Un échéancier jugé «réaliste» par l’expert.

«Les fabricants de vaccins – Pfizer et Moderna, entre autres – attendent actuellement le signal d’Ottawa. [...] Dès qu’il y a une approbation, il est censé y avoir des vaccins qui se livrent au Canada», dit-il.

Santé Canada peut d’ailleurs compter sur les informations déjà compilées et analysées par les autorités réglementaires des autres pays pour accélérer sa propre évaluation des candidats-vaccins.

«Ce que Santé Canada a très bien fait, note M. Lapierre, c’est que plutôt qu’attendre que les vaccins arrivent au Canada et qu’ils soient entreposés dans l’attente de l’approbation, ils ont déjà commencé à faire toutes les analyses, pour libérer ces vaccins-là.»

Selon lui, une approbation pourrait survenir avant la fin de l’année.

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