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Insultes sur le web: Sylvain Roy fait appel à la SQ

Nelson Sergerie | Agence QMI

Roy Ouellet

Photo d’archives, Simon Clark

Le député de Bonaventure, en Gaspésie, a dû faire appel à la Sûreté du Québec après avoir reçu des messages haineux pour avoir relancé l’idée de vendre de la viande sauvage dans les restaurants.

Plus tôt cette semaine, Sylvain Roy, un député du Parti québécois, a parlé sur sa page Facebook de cette idée déjà émise en 2014 par l’ex-ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet, maintenant chef du Bloc québécois. M. Roy estime que cela permettrait de mettre cette viande en valeur et pourrait aider des restaurateurs en ces temps difficiles de pandémie.

Cette proposition a été critiquée par la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec qui y voit une porte ouverte au braconnage et au marché noir de la viande sauvage.

Après sa suggestion, le député Roy dit avoir reçu quelque 300 courriels et des messages sur les réseaux sociaux dans lesquels il est invectivé.

«Dans certains cas, on a été obligés de signaler des individus. Ça n’avait pas de bon sens. En tant que politicien, je suis habitué, mais de cette ampleur-là! Ça a pris une envergure inconcevable», déplore l’élu.

«Un ostie de cave», est-il mentionné dans un des commentaires sur la page Facebook du député consulté avant son retrait. «Méchant ostiii de débile celui qui a mis sa sur la table [...] JE SUIS CONTRE À 110%», dit un autre message aussi disparu.

M. Roy souligne que le débat n’est plus possible au Québec. «Le cyberespace et les réseaux sociaux sont devenus des lieux extrêmement toxiques et c’est dommage car c’est dans la persuasion qu’on construit des idées et non pas dans les attaques et les menaces. Ce n’est plus possible d’argumenter car il y aura toujours un troll qui va nous attaquer», dit celui qui est sociologue de formation.

Récemment, le premier ministre François Legault a aussi été pris à partie sur les réseaux sociaux après avoir suggéré des lectures à la demande de l’Association des libraires du Québec dans le cadre de sa campagne #lireenchoeur. Devant les critiques d’internautes, l’Association avait retiré les suggestions de M. Legault, mais s’est par la suite ravisée. Le premier ministre a blâmé «une poignée de militants radicaux» pour la censure dont il a fait l’objet.

«Du harcèlement psychologique, c’est criminel. Du harcèlement tout court, c’est criminel. Il faudra peut-être penser à des sanctions pour ceux qui ne réfléchissent pas», estime le député Sylvain Roy.

Il avance l’idée de former les jeunes dès le primaire sur l’éthique dans les médias sociaux pour contrecarrer le phénomène.