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Journée internationale des personnes handicapées: peu de célébrations et beaucoup d’attentes

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Nous profitons de cette Journée internationale des personnes handicapées (3 décembre) pour nous demander: qu’avons-nous à célébrer cette année? La réalité est que sur le plan des politiques gouvernementales, très peu de choses.

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En effet, alors que nous sommes confrontés aux impacts de la pandémie de COVID-19, nous sommes en mesure de faire le triste constat que les personnes en situation de handicap (PSH) pèsent peu dans la balance des décideurs publics quand vient le temps de poser des actions concrètes.

Le gouvernement fédéral a offert, après de multiples représentations, un soutien financier unique de 600$ aux PSH. Compte tenu des besoins de cette population et des dépenses que la pandémie a engendrées, cette somme est plutôt symbolique.

Dur impact de la pandémie

Au niveau provincial, les PSH ont été invisibilisées, quand ce n’était pas carrément négligées, et ce, alors qu’elles représentent à plusieurs égards une population parmi les plus vulnérables. Rendez-vous médicaux annulés, services de réadaptation limités, accès aux soins diminués et nous en passons.

De plus, les PSH doivent composer avec des impacts négatifs très importants découlant de décisions du gouvernement. Par exemple, l’augmentation salariale offerte aux préposés aux bénéficiaires travaillant dans les CHSLD, qui, en soi, se veut une bonne initiative, a tout de même rendu encore plus critique la pénurie de préposés aux bénéficiaires qui assurent le maintien à domicile de cette population.

Les mesures prises pour contrer la pandémie (port du masque, distanciation physique, confinement, etc.) ont tenu très peu compte de la réalité et des défis que cela représentait pour les PSH. On a oublié que le masque ne convient pas à toutes les PSH et que, dans certains cas, cette mesure peut même s’avérer dangereuse.

Problème d’accessibilité aux services

Sur plusieurs plans, les PSH étaient déjà confrontées à d’énormes problèmes d’accès aux services et aux soins de santé. Sur le plan de l’accessibilité architecturale, nous sommes nettement en retard par rapport à d’autres pays comparables au nôtre. Sans oublier que le gouvernement continue à imposer une pénalité au moment de la retraite aux personnes qui ont été couvertes par les rentes d’invalidité, et ce, alors que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a convenu que cette pénalité était discriminatoire.

Il était déjà difficile pour un enfant ayant des limitations fonctionnelles d’obtenir une place en garderie, désormais leur inclusion est compromise.

Que dire de la pénurie de logements sociaux et de toutes ces PSH qui attendent de nombreuses années pour avoir un logement adapté à leurs besoins. L’accès au programme d’adaptation domiciliaire demeure difficile, compliqué et trop long.

Les PSH restent sous-représentées sur le marché du travail et l’accès à des emplois décents et de qualité est limité. Dans toutes les décisions, notre exclusion est devenue la norme.

Un nouveau regroupement

Bref, la situation est loin d’être rose! Mais comme nous ne voulons pas être pessimistes, nous tenons à terminer sur une note positive. Depuis quelques mois, le milieu des PSH montre un regain de dynamisme et de prise de conscience collective.

C’est ainsi qu’en pleine pandémie, une quinzaine d’organismes se sont unis pour créer le collectif d’organismes de défense des droits de personnes en situation de handicap (CODDPSH).

Guidé par les principes et valeurs d’éducation populaire, de justice et d’inclusion sociale, le collectif, qui met de l’avant le principe Pour, Par et Avec, est plus résolu que jamais de faire entendre sa voix.

Nous terminons en réitérant que nous méritons mieux qu’une motion de l’Assemblée nationale un jour par année ou des affiches et déclarations à l’eau de rose durant la Semaine québécoise des personnes handicapées.

Nous voulons une société qui favorise la participation des citoyennes et citoyens dans tous les lieux décisionnels, un État qui tient compte des besoins des personnes ayant des limitations fonctionnelles, qui vérifie l’impact que ses lois peuvent provoquer sur elles, qui met en place des mesures d’accommodement, qui encourage la mission de transformation sociale des forces vives de la société, qui fait du partage de la richesse un objectif stratégique et de l’inclusion sociale une réalité.

Signataires:    

  • Walter Zelaya, Moelle épinière et motricité Québec  
  • Simon April, Comité d’action des personnes vivant des situations de handicap (CAPVISH)  
  • Jo-ann Arvey, Centre communautaire Radisson 
  • Alain Drolet, Carrefour familial des personnes handicapées  
  • Pascale Dussault, Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain (RAAMM)  
  • Patrick Fougeyrollas, Réseau international sur le Processus de production du handicap (RIPPH)  
  • Mathieu Francoeur, Mouvement PHAS  
  • Selma Kouidri, Institut National pour l’Équité, l’Égalité et l’Inclusion des personnes en situation de handicap (INÉÉI – PSH),  
  • Laurence P. Rousseau, Vie autonome Montréal,  
  • Antoine Perreault, Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec,  
  • Serge Poulin, Regroupement des Usagers du Transport Adapté et accessible de l’île de Montréal (RUTA Montréal)  
  • Tommy Saravo, Association multiethnique pour l’intégration des personnes handicapées (AMEIPH)  
  • Marie Turcotte, Ex aequo  
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