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Les Alcooliques anonymes en ligne: une pratique destinée à persister

Amélie St-Yves | TVA Nouvelles

Les alcooliques anonymes (AA) se sont réfugiés en ligne au début de la pandémie, et les bienfaits sont si convaincants que la pratique pourrait persister au-delà de la COVID-19.

Jean-Paul, nom fictif, est sobre depuis six ans. Depuis quelques mois, il participe aux rencontres des Alcooliques anonymes en ligne. «C'est difficile au début, mais, après ça, la magie est là», a-t-il confié.

Même si ça ne remplacera jamais le véritable contact humain, il considère que c’est une bonne solution temporaire. «Normalement, on se serre dans nos bras. Là, on se parle avec un petit masque, de loin», a-t-il indiqué.

En moyenne, il y a 25-30 personnes par réunion virtuelle à laquelle il assiste.

Une des beautés des rencontres en ligne est que les membres peuvent se joindre à des fraternités de partout au Québec. Les opportunités sont ainsi décuplées.

«Tu es à la maison, tu cliques et tu es à Longueuil, tu es à Québec. Il y a des gens qui en profitent pour faire plus de meetings», a-t-il fait savoir.

Plusieurs intervenants et experts s’entendent pour dire que cette nouvelle approche est là pour rester, en complément aux rencontres en personnes.

«Plus on va rendre accessibles les différentes ressources, plus ça va être favorable», a soutenu la directrice générale de la maison Carignan, Valérie Piché.

À l’approche des Fêtes, il faudra quand même faire preuve de vigilance. «Ça va être beaucoup plus des émotions négatives, et la situation de pandémie va faire que les gens vont se tourner vers la consommation, malheureusement», a mentionné Anne-Élisabeth Lapointe de la Maison Jean Lapointe.

«Quand on boit trop, on affaiblit notre système immunitaire. Or, en temps de pandémie, avec un virus aussi méchant que celui qui circule actuellement, la dernière chose qu'on veut, c'est affaiblir notre système immunitaire», a expliqué Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’Alcool.

Selon une récente étude d’éduc’alcool, 6 % des Québécois consomment fréquemment pour se sentir mieux quand ils sont tristes, déprimés ou anxieux.