/news/politics

Les couteaux volent bas à l’Assemblée nationale

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Attaques, insultes, propos contraires au règlement : les couteaux volent bas à l’Assemblée nationale, en cette fin de session parlementaire marquée par l’aggravation du bilan de la pandémie au Québec.

• À lire aussi: Pas de rassemblements durant les Fêtes

• À lire aussi: Le gouvernement ne remplit pas sa part du «contrat moral», selon QS

Péquistes et libéraux ont débuté la journée, jeudi matin, en s’attaquant au premier ministre François Legault, qui dans une entrevue accordée à «L’Actualité», s’est accordé une note parfaite pour sa gestion de la pandémie. 

«Avez-vous fait une erreur ? Quelque chose que vous aimeriez refaire différemment», lui a demandé le journaliste du magazine. «Non, je n’en vois pas», a rétorqué M. Legault. 

«Je pense que c'est insultant et c'est particulièrement prétentieux», a réagi en point de presse le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. 

«Trumpian», a commenté de son côté le député libéral Gregory Kelley, sur Twitter. Il a finalement retiré son message. «Désolé», a dit le député de Jacques-Cartier en s’adressant à François Legault. 

Legault se déchaîne contre Derraji   

L’heure de la revanche n’a pas tardé à sonner, aussitôt la période des questions commencée. 

Invité par la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, à reconnaitre que le dévoilement hâtif de son plan de Noël était « une erreur », le premier ministre s’est déchaîné contre le député libéral, Monsef Derraji. 

À l’instar de sa ministre déléguée Marie-Ève Proulx, la semaine dernière (et qui s’est excusée et qui a «retiré ses propos» depuis), M. Legault a reproché à M. Derraji d’avoir laissé entendre, au micro de Jeff Fillion, que les règles sanitaires sont trop sévères et qu’elles nuisent aux PME. 

«Le député de Nelligan dit à Jeff Fillion dit qu'on devrait étendre le contrat moral aux restaurants. Est-ce qu'elle est d'accord avec ça», a répliqué M. Legault à la cheffe libérale. 

«Cheap!» disent les libéraux   

Le premier ministre en a rajouté une couche, en rapportant que M. Derraji a participé, il y a deux semaines, à un Facebook Live avec le groupe « Entrepreneurs en action du Québec », qui conteste maintenant le bien-fondé des mesures sanitaires devant la justice. 

«C'est irresponsable, c'est un manque de maturité», a lancé M. Legault, avant de retirer ses propos à la demande du président de l’Assemblée nationale, François Paradis. 

«Cheap!», ont aussitôt pesté les libéraux, de l’autre côté de la chambre. 

«Si le premier ministre souhaite faire de la diversion, je vais le laisser faire de la diversion», a déploré Mme Anglade, en rappelant que le Québec a enregistré un nouveau record mercredi avec 1514 nouveaux cas d’infection.

Le chef parlementaire péquiste n’a pas été épargné par le premier ministre. «Je trouve que le chef parlementaire du Parti québécois commence à ressembler au député de Nelligan», a dit M. Legault, lorsque M. Bérubé lui a demandé s’il avait «le courage» de répéter en chambre qu’il n’a pas commis d’erreur depuis le début de la pandémie. 

«Depuis neuf mois, il n'y a pas un soir, pas une nuit où je me suis dit : Est-ce que j'aurais dû prendre une autre décision? [...] Je pense qu'on peut être fiers de ce qu'on a fait dans des conditions très difficiles», s’est défendu le chef caquiste.

«Je ne me donne pas une note parfaite pour la gestion de la crise», a tenu à rectifier M. Legault lors du point de presse de 13h00. 

«Je ne suis pas le genre de gars à penser que je suis parfait, a-t-il ajouté. [...] Si c'était à refaire, je n'ouvrirais pas la porte à deux jours de rassemblements à Noël.»