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Aîné accusé d’avoir voulu coucher avec une mineure

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

François St-Georges, accusé d’avoir sollicité les services sexuels d’une mineure, à son arrivée au palais de justice de Laval, lundi.

Photo Pierre-Paul Poulin

François St-Georges, accusé d’avoir sollicité les services sexuels d’une mineure, à son arrivée au palais de justice de Laval, lundi.

Un aîné accusé d’avoir sollicité les services sexuels d’une mineure il y a quatre ans à Laval prétend que la police lui a tendu un guet-apens et qu’il a été traité comme un animal. 

François St-Georges ne s’attendait pas à tomber face à face avec deux enquêteurs du Service de police de Laval, le 22 mars 2016, en entrant dans une chambre d’hôtel.

L’homme alors âgé de 65 ans s’était présenté au Comfort Inn situé en bordure de l’autoroute 15, à Laval, dans le but d’avoir une relation sexuelle complète avec Tiana. 

Or, Tiana, 16 ans presque 17, n’a jamais existé. Tout comme une autre jeune prénommée Mia, elle a été inventée de toutes pièces par le sergent-détective Luc Savard. 

Vague de fugues  

Au cœur de la vague de fugues qui frappait le centre jeunesse de Laval, la police a mis sur pied le projet Défensif pour arrêter des clients d’escortes mineures.

Une annonce pour « deux jeunes débutantes » a été publiée sur internet.

On y trouvait les mensurations des filles, leur taille, leur poids, leurs tarifs et la mention « extra disponibles ». Les clients intéressés devaient contacter « Mme Jade », campée par une agente d’infiltration. 

Lorsque St-Georges a appelé Mme Jade, celle-ci lui aurait mentionné deux fois plutôt qu’une que ses escortes avaient 16 ans. 

« Je lui dis que je ne veux pas que de sexe trop rough, parce qu’elle a 16 ans, elle commence et je ne veux pas la maganer », a relaté l’agente d’infiltration, lundi, au palais de justice de Laval. 

Elle a réitéré sa demande lorsque l’accusé s’est rendu à sa chambre, avec 160 $ en poche, avant de lui donner la clé d’une autre chambre, où l’attendaient deux policiers.

Assouvir ses pulsions  

St-Georges a quant à lui martelé qu’il ne cherchait pas les services d’une mineure. Mme Jade lui aurait plutôt dit que Tiana était une femme ayant « l’air de 17 ans ». Même s’il trouvait la proxénète « étrange » au téléphone, le retraité s’est résolu à voir Tiana, car il voulait absolument assouvir ses pulsions ce matin-là et que le rendez-vous était près de son domicile de Rosemère.

Stupéfait de tomber dans ce qu’il a qualifié de « guet-apens », St-Georges a insisté pour dire que les policiers l’avaient « menotté de façon assez cavalière ». 

« Je ne pensais pas souffrir tant que ça sans que les os me brisent. C’était assez animal merci », a-t-il dit au juge Gilles Garneau. 

En contre-interrogatoire, il est tombé sur la défensive, avouant du bout des lèvres être attiré par les femmes d’apparence juvénile, pour ensuite dire le contraire.

Pour la défense, il n’y a aucune raison d’écarter la version de l’accusé. 

« C’est un utilisateur régulier des services d’escorte. A-t-il écouté distraitement [quant à l’âge] ? Nul ne le sait », a fait valoir Me Marc Labelle. 

La Couronne soutient quant à elle que le récit de St-Georges devrait être rejeté. 

« C’est assez impressionnant que la seule chose que l’agente d’infiltration n’ait pas dite [l’âge, selon lui], c’est la chose qui est mise en jeu aujourd’hui et qui pourrait décider de sa culpabilité », a noté Me Karine Dalphond. 


Le juge Garneau tranchera avant Noël.

Le projet Défensif en chiffres  

Entre mars 2016 et décembre 2020 

37 accusés, dont 13 condamnés 

22 dossiers en cours 

1 dossier fermé 

1 accusé décédé  

Aucun acquittement 

Source : Service de police de Laval