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Bracelet électronique : «Est-ce qu’ils attendent qu’on meure pour agir?»

TVA Nouvelles

Même si Louise Brosseau a réussi à se sortir d’une relation où elle a vécu de la violence conjugale, son ex-conjoint continu de la harceler régulièrement, deux ans après que la relation se soit terminée. 

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En entrevue à l’émission Le Québec Matin, Louise Brosseau a raconté que la violence dans le couple s’est installée en 2017, un an après le début de la relation. C’est en 2018 qu’elle a réussi à quitter pour se réfugier dans une maison d’hébergement.  

Malgré toutes ses tentatives pour éloigner son ex, il ne l’a jamais lâchée depuis. 

«J’ai des ordonnances de probation, des conditions que monsieur n’a jamais respectées. Il s’en fout totalement. Il me suivait partout, il venait chez moi. Il a fait de la prison, et deux jour après être sorti, il était déjà devant chez moi», énumère la dame en entrevue au journaliste Jean-François Guérin. 

Même lorsqu’elle a tenté de se cacher, il arrivait à la retracer pour la menacer.

«Il m’a déjà demandé si je voulais faire un tour de valise de char attachée avec des tie-wrap», donne en exemple la dame.  

Malgré les 17 plaintes formulées pour bris de condition, le harcèlement n’a cessé que lorsqu’il s’est retrouvé derrière les barreaux. «Il vient de se faire arrêter il y a à peine deux jours», ajoute-t-elle, impuissante. 

Louise Brosseau sait qu’elle n’est pas l’unique victime de cet individu. «J’ai même été témoin du fait qu’il allait voir ses anciennes conjointes pour essayer de brûler leur auto. Moi il est venu me porter des couronnes de fleurs mortuaires... Je ne pouvais même pas sortir avec mon chien pour aller prendre une marche parce que je ne savais jamais où il était. Lui, il savait en tout temps où j’étais», déplore la femme qui a dû déménager, et qui risque de devoir encore le faire prochainement. 

«Je commence à être fatiguée...», laisse tomber celle qui a vu sa vie bouleversée depuis quatre ans.

Oui au bracelet 

Pour cette victime de violence et de harcèlement conjugal, il est évident que le bracelet électronique que pourrait implanter Québec permettrait aux victimes de se sentir beaucoup plus en sécurité. 

«Je trouve que c’est une protection supplémentaire, parce que les policiers ne peuvent pas être toujours à côté de nous-autres. Pour moi, ça aurait été une protection, ma vie est en danger, c’est l’enfer. Je me demande qu’est-ce que le gouvernement attend pour imposer ça aux ex-conjoints violents? Est-ce qu’ils attendent qu’on meure pour agir? Pour moi ça serait de sauver et protéger les femmes.»

Même si elle vit constamment avec la peur au ventre, elle peut souffler un peu ces jours-ci. Son ex est actuellement emprisonné, mais elle sait, qu’un jour, le harcèlement risque de recommencer. 

Québec a annoncé jeudi une étude de faisabilité pour évaluer la technologie du bracelet électronique. 

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault a notamment expliqué que le gouvernement ne voulait pas faire les choses de façon précipitée, et qu’il pouvait y avoir des effets pervers à la mise en place d’une telle mesure.  

Le rapport de Québec est attendu pour 2021. 

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