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Ouïghours : La Chine refuse l’accès à des observateurs

AFP

Le président français Emmanuel Macron a déploré vendredi que la Chine «refuse» l'envoi d'une mission d'observateurs sous la houlette de l'ONU pour enquêter sur la situation de la minorité musulmane ouïghoure dans la région du Xinjiang.

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«Ce qu'on ne peut pas accepter d'un membre permanent du Conseil de sécurité, c'est de refuser toute présence et toute capacité des Nations Unies ou d'ONG à voir et à apporter une réponse et de trouver une solution», a-t-il dit dans un entretien avec le média en ligne Brut, en réponse à des questions d'internautes.

Fin juillet, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait proposé qu'une «mission internationale émanant d'observateurs indépendants», «sous la houlette» de la Haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, l'ex-présidente chilienne Michelle Bachelet, se rende au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, pour enquêter sur la situation de la minorité musulmane ouïghoure.

L'Union européenne a aussi proposé en septembre l'envoi d'«observateurs indépendants» dans la région, où Pékin est accusé d'orchestrer une persécution de grande ampleur contre les minorités musulmanes, principalement les Ouïghours.

La Chine s'était alors dite prête à accepter cette demande mais avait rejeté toute «prétendue enquête qui se baserait sur une présomption de culpabilité».

Interrogé sur la mobilisation de la France concernant le sort des Ouïghours, 

Emmanuel Macron a assuré avoir déjà parlé de cette question avec son homologue chinois Xi Jinping.

«Je ne vais pas déclencher la guerre à la Chine sur ce sujet», a-t-il pointé. «Ma responsabilité c'est d'en parler au président Xi Jinping, aux autorités chinoises quand elles viennent en France ou quand je vais en Chine», a-t-il dit.

«Ensuite, c'est d'avoir une stratégie européenne parce que là aussi, si on veut être fort face à la Chine, il faut être très clair. Il faut avoir un peu de réalisme géopolitique, c'est l'Europe (qui compte, ndlr). Nous, Européens, on doit défendre nos valeurs», a-t-il poursuivi.

«C'est entre l'Europe et la Chine qu'on doit trouver la solution. Cela doit d'abord passer par l'exigence d'envoyer une mission des Nations Unies, des observateurs internationaux», a-t-il insisté.

La question d'éventuelles sanctions à l'encontre de la Chine relève de ce point de vue de l'Union européenne, a-t-il martelé. «On doit le voir au niveau européen», a-t-il souligné.

Répression inacceptable  

En septembre, le président français avait déjà affirmé que la répression contre la minorité musulmane ouïghoure en Chine était «inacceptable» et que la France la condamnait «avec la plus grande fermeté».

Il avait alors évoqué des «témoignages» portant sur les «camps d'internement», les «détentions massives», le «travail forcé» et les «stérilisations forcées».

Les Ouïghours constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang, une immense région de la Chine qui a notamment des frontières communes avec l'Afghanistan et le Pakistan.

Régulièrement frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes ouïghours, la région est sous haute surveillance policière.

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