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Une course contre la montre dans les centres commerciaux

Martin Jolicoeur | Journal de Montréal

Tandis que les plus prévoyants en profitaient pour terminer leurs achats des Fêtes, c’est au pas de course que les gestionnaires de centres commerciaux s’activaient encore hier — et une partie de la nuit – à rendre leurs établissements conformes aux nouvelles mesures de la Santé publique. 

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Depuis minuit une, vendredi matin, les détaillants et centres commerciaux de toute la province (toutes zones confondues) sont tenus responsables du respect par leurs clients des nouvelles règles sanitaires présentées mercredi par la ministre de la Sécurité publique.

Une responsabilité qui ne va pas sans forcer l’industrie à bien des ajustements.

Pas une minute à perdre   

« Le décret gouvernemental a mis du temps à être rendu public. Maintenant que nous l’avons, c’est plus clair », affirmait hier — entre deux rencontres d’urgence — la porte-parole d’Ivanhoe Cambridge, Katherine Roux Grouleau. Ivanhoe est propriétaire de la Place Montréal Trust, et du centre Laurier Québec entre autres.

« Nous informons nos détaillants, la sécurité révise les procédures de contrôle de l’achalandage, et les responsables de la signalétique revoient l’affichage de fond en comble, poursuit-elle. Comme tout doit être prêt demain ; il n’y a vraiment pas une minute à perdre. »

L’une des plus importantes mesures nouvelles du gouvernement concerne la fixation d’un nombre limité de clients par établissement. Désormais, les commerces n’ont droit qu’à un maximum d’un client par 20 m2 (ou 215 pi2) de superficie. Pour le Centre Eaton, cette mesure impose une limite de 3900 clients, une fraction des 18 000 personnes d’ordinaire autorisées par les services d’incendie.

Branle-bas de combat similaire aux Galeries de la Capitale, de Québec, une propriété d’Oxford. On semblait par contre avoir déjà identifié des entrées et sorties afin de mieux contrôler l’achalandage. Comme ailleurs, une application permettrait de suivre le tout en temps réel et de réagir en cas de débordement.

Il restait encore beaucoup à faire au Carrefour Laval, lors de notre visite hier. La distanciation entre clients n’était pas toujours respectée et l’affichage de plusieurs boutiques laissait à désirer.

Carrefour Laval

Martin Jolicoeur

La propriété de Cadillac-Fairview regorge aussi de bancs où couples et amis se plaisent à discuter ou prendre un café.

«Chiling point» au Carrefour  

« Le Carrefour est devenu un chiling point, se plaint l’employée d’une boutique. Des jeunes se regroupent dix à la fois sans que la sécurité n’intervienne. D’autres se promènent sans masques, sous prétexte qu’ils ont un muffin à manger. Encore là, rien n’est fait. »

Des milliers de clients comme Maya Landry, s’y étaient quand même déplacés hier pour éviter la cohue appréhendée des prochaines semaines.

« Je sais ce que je veux. Je n’ai pas de temps à perdre. Avec tout ce qu’on entend, je n’ai pas voulu prendre de chance. »

Hélène Poulin, propriétaire d’une entreprise d’horticulture de Mirabel avait adopté la même stratégie.

« Je voulais éviter les foules. J’ai 3 petits-enfants, il n’est pas question que je me mette à risque en venant ici de telles journées. »