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IMAGES | Une tente brûle au campement Notre-Dame

Agence QMI

Une tente a pris feu vers 9 h, samedi, au campement de fortune de la rue Notre-Dame Est, à la hauteur de la rue Davidson, à Montréal.

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Selon les informations du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), la situation aurait pu tourner au drame, car à l’arrivée des pompiers une bonbonne de propane se trouvait au beau milieu des flammes.

 

La cause de l’incendie n’est pas déterminée hors de tout doute, mais une bougie pourrait en être à l'origine.

Aucun occupant ne se trouvait dans la tente, a indiqué Sandra Lisi, chef de secteur à la prévention au SIM.

Photo courtoisie Noémie Jean-Louis

 

Les sapeurs ont aussi veillé à ce que le feu ne se propage pas aux autres tentes voisines, alors qu’il y a encore beaucoup de campeurs, malgré le temps froid qui s’installe. D’autres tentes ont tout de même été légèrement abimées, notamment par la chaleur et par l’eau.

La Ville a envoyé une équipe des travaux publics en matinée pour ramasser les débris et nettoyer le site.

Enjeux de sécurité    

Cet incident soulève des questions relativement à la sécurité des gens qui sont installés dans ce campement, surtout à l’approche de l’hiver.

Le SIM comptait d’ailleurs envoyer un agent de prévention sur place, samedi, pour faire de la sensibilisation. Il l’a fait à quelques reprises depuis le début du campement, qui compte des dizaines de tentes, possiblement plus de 100.

La Ville préoccupée      

La Ville de Montréal tente depuis des semaines d’inciter les campeurs à se relocaliser pour l’hiver dans des ressources d’hébergement, dont l’Hôtel Place Dupuis, près de la station de métro Berri-UQAM, et l’ancien YMCA Hochelaga-Maisonneuve, près du Stade olympique.

«On est chanceux, on n’a pas eu de blessés, on n’a pas eu de morts. Ça aurait pu exploser», a dit le maire de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais.

Photo courtoisie Noémie Jean-Louis

 

 

«La situation est extrêmement complexe, mais depuis le début de la crise, la Ville a été extrêmement proactive pour l’itinérance. Juste dans le quartier, on a ouvert un nouveau refuge qui accueille plus de 100 personnes et on a réservé l’Hôtel Place Dupuis où il y a encore actuellement des places pour les gens qui sont ici», a enchaîné M. Lessard-Blais en entrevue à LCN.

Selon lui, le campement Notre-Dame a été le théâtre ces derniers mois de surdoses et d’au moins deux autres feux de tente ces deux dernières semaines, alors que les itinérants qui y sont installés doivent maintenant chauffer leurs installations.

«On doit en faire plus, mais pas juste la Ville. Santé et services sociaux, c’est un enjeu de Québec, et Québec et les autres partenaires doivent en faire plus. [...] La crise de l’itinérance a toujours existé, mais la pandémie l'a multipliée», a conclu M. Lessard-Blais.

Selon les données de la Ville, le nombre d'itinérants aurait doublé, de 3000 à 6000, depuis le début de la crise sanitaire.

Pour sa part, l’opposition à l’hôtel de ville fulmine. «Il faut agir. L’administration [de la mairesse Valérie] Plante est arrivée très tard dans le dossier en préférant minimiser le problème. [...] Pourquoi faut-il toujours attendre Québec pour faire des annonces de mesures hivernales», a dit Benoit Langevin, conseiller de ville dans l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.

Le bureau du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a réagi à cette situation par courriel.

«La sécurité des personnes est une priorité. Le gouvernement a investi d’importantes sommes afin d’appuyer la Ville de Montréal pour le déploiement de nombreuses mesures exceptionnelles pour assurer que personne ne soit contraint de passer l’hiver au froid. Nous continuons de collaborer avec la Ville», a écrit l'attachée de presse Sarah Bigras.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a dit en entrevue à LCN: «On va rajouter d’autres places pour être certain que les gens puissent sortir de là. Ce n’est pas sain. C’est un feu qui aurait pu être encore plus grave parce que je comprends qu’il y avait des bonbonnes de gaz qui auraient pu exploser.»