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Vivre dans la rue et perdre son toit

Camille Lalancette | Agence QMI

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Une tente du campement de sans-abri de la rue Notre-Dame Est a pris feu, samedi matin, ne faisant aucun blessé, mais entrainant la perte de ce qui se rapproche le plus d’un logement pour le couple y vivant. Une chandelle serait à l’origine du feu.

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«Je me suis réveillée et j’avais le feu à deux pouces de la face. Le feu a pris face à moi, j’ai juste eu le temps de dézipper l’autre côté pour sortir. J’ai pas mal vu la scène en direct et de trop proche», a raconté d’un souffle Caroline, qui a préféré taire son nom pour des raisons familiales.

«Je ne veux pas que mes filles sachent que je suis ici», a-t-elle dit au «24 Heures».

Des raisons particulières ont forcé Caroline et son conjoint à quitter la région de Lanaudière en octobre dernier et leur arrivée à Montréal ne se passe pas comme ils le souhaitent.

«On cherche un logement, on cherche une job, on veut vraiment sortir de là», a dit Caroline.

Élan de générosité

À peine 3 h après l’incident, Caroline et Benoît se voyaient installer dans une nouvelle tente équipée de matelas de sol, de sacs de couchage et de couvertures de rechange.

Leurs effets personnels plus précieux comme leurs pièces d’identité et leurs téléphones ont été détruits dans l’incendie.

La tente était remplie de matériel que le couple accumulait dans l’espoir de meubler son futur logement.

À cause de la chaleur de l’incendie, les tentes aux abords de celle-ci ont fondu. Une bonbonne de propane placée tout près a aussi fondu, mais n’a pas explosé.

Une méthode de chauffage fatale

Caroline explique que c’est une chandelle renversée qui a causé le feu. Elles étaient placées dans de grandes assiettes d’aluminium.

«On est plusieurs à chauffer à la chandelle, il n’y a pas d’électricité ici», a-t-elle souligné.

Michel Monette est directeur général du centre d’aide et de réinsertion Care Montréal. Pour lui, le campement amène plus de problèmes que de solutions.

«La complexité de dormir ici l’hiver, c’est que ceux qui sont capables d'[aménager leur tente pour l'hiver] de manière sécuritaire restent ici et ça va. Mais ils vont encourager d’autres personnes qui ne sont pas en mesure d’isoler leur tente et là c’est eux qui vont prendre des risques», a-t-il expliqué.

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