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Violence conjugale : Québec pressé de mieux former les policiers

Photo courtoisie

Un comité formé dans la foulée du meurtre de la jeune Daphné Huard-Boudreault par son ex-conjoint en 2017 presse Québec de mieux former les policiers afin qu’ils protègent davantage les victimes de violences conjugales dont les agresseurs demeurent introuvables.

Il s’agit d’une des 28 recommandations contenues dans le premier rapport annuel du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale publié lundi au terme de deux ans de travaux.

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Ces recommandations découlent de l’examen approfondi, par un groupe d’experts, de dix dossiers de violences conjugales qui ont causé 19 décès.

Même si le nombre de cas étudiés est trop petit pour en tirer des conclusions qui s’appliqueraient à grande échelle, les auteurs notent qu’ils partagent plusieurs points communs.

Ainsi, dans neuf des dix cas étudiés, les services policiers avaient été sollicités avant le décès de la victime.

Parmi les autres facteurs les plus fréquents parmi les cas étudiés, on note aussi une séparation récente (huit cas sur dix), une perte d’emprise sur la victime de violence conjugale (huit cas sur dix), du harcèlement (huit cas sur dix) et des propos et des comportements stéréotypés (huit cas sur dix).

«Pour la prévention, il est crucial de miser sur la reconnaissance de ces signes, particulièrement ceux les plus précoces. C’est en agissant le plus tôt possible pour neutraliser l’escalade du contrôle coercitif que l’on peut maximiser les chances d’éviter les pires conséquences de la violence conjugale», soulignent les auteurs du rapport.

Ceux-ci recommandent donc de former adéquatement les nombreux intervenants appelés à agir dans des cas de violences conjugales afin qu’ils puissent mieux détecter ces signaux.

Consternation 

Le meurtre de Daphné Huard-Boudreault avait consterné la population puisque la jeune femme s’était rendue dans un poste de police de Beloeil pour se plaindre de harcèlement quelques heures avant d’être tuée le 22 mars 2017 par son ex-conjoint, Anthony Pratt-Lops.

Selon un rapport du directeur des poursuites criminelles et pénales publié en mai 2019, la victime s'était entendue avec une policière qui lui a donné rendez-vous au domicile conjugal, après avoir insisté pour l'accompagner.

La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) a salué lundi les recommandations contenues dans le rapport du comité.

«Nous portons beaucoup d’espoir dans l’application de ces recommandations et les changements que cela peut apporter dans la protection des femmes violentées et leurs enfants», a déclaré sa directrice, Manon Monastesse, par voie de communiqué, lundi.

Pour les seuls membres de la FMHF, 20 % ont déjà subi des menaces de mort et près de 300 ont été victimes de tentatives de meurtre de la part de leur conjoint ou ex-conjoint.

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