/news/coronavirus

Des centaines d’étudiants craignent pour leur santé

C’est en rogne et la peur au ventre que des centaines d’étudiants de Polytechnique se présenteront mardi matin au Palais des congrès de Montréal, où ils ont été convoqués pour leurs examens finaux, alors que le bilan quotidien des nouvelles infections continue d’inquiéter. 

« En ce moment, on entend que les cas augmentent et augmentent et augmentent, puis nous, on se retrouve à devoir se rendre dans des salles avec deux cents personnes pour faire un examen en présentiel, s’exclame Marie Noel, 32 ans, une étudiante en génie logiciel à Polytechnique. C’est beaucoup d’anxiété. »

Dès 8 h 30 mardi matin, et jusqu’au 16 décembre, des centaines d’étudiants de Polytechnique de la grande région métropolitaine devront se rendre au Palais des congrès de Montréal pour y passer leurs examens finaux. Des installations ont été mises en place pour contrôler les arrivées.

D’autres examens se tiendront simultanément dans les locaux de l’université. À compter du 17 décembre, les évaluations se dérouleront exclusivement en ligne.

Inquiétudes  

Or, malgré toutes les mesures, les étudiants ont été nombreux à soulever leurs inquiétudes sur les réseaux sociaux et sur les forums de discussion, soucieux de leur santé et de celle de leurs proches. Plusieurs d’entre eux devront notamment emprunter les transports en commun pour se rendre sur place. 

« On espère qu’ils vont au moins offrir le stationnement gratuit pour ceux qui ne veulent pas prendre le métro », soupire Louis-Félix Meunier, en génie aérospatial, qui trouve la décision « irresponsable ». 

Plusieurs ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi leurs examens ne peuvent pas se faire par vidéoconférence, puisqu’ils peuvent utiliser toutes leurs notes.

« J’ai même un examen où j’ai le droit à mon ordi et ma tablette, mais je dois quand même le faire au Palais des congrès, au lieu de le faire de chez moi », enchaîne Mme Noel, en précisant que son enseignant s’est fait refuser sa demande d’examen en ligne. Même son de cloche du côté de Guillaume Barrette, étudiant de deuxième année en génie civil, et dont tous les examens sur place sont à livre ouvert.

« Manque d’adaptation »  

« Ça n’a pas d’allure de tenir des examens en présentiel compte tenu des circonstances actuelles. Oui, il y a eu des augmentations de plagiat, mais ça fait neuf mois qu’on est en pandémie. Ils n’ont fait aucune amélioration des infrastructures informatiques [...] Il y a un manque d’adaptation », soutient l’étudiant de 23 ans. De plus, son seul examen à distance devra se faire via ProctorExam, un logiciel « espion », qui ne le rend pas à l’aise. 

« Je n’ai rien à cacher, mais ça récolte quand même des données et des informations sur nous », indique-t-il.

« J’ai un enseignant qui a décidé finalement de faire un examen à livre ouvert pour éviter qu’on ait à télécharger un logiciel [intrusif] sur nos machines [...] Il y en a beaucoup qui sont inquiets parce qu’on ne sait pas jusqu’où ils vont, renchérit pour sa part l’étudiante de 32 ans. Je comprends qu’ils veulent garder la valeur des diplômes, mais à quel prix ? »


Jointe par Le Journal, Polytechnique a refusé notre demande d’entrevue.