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Manquements éthiques: le ministre Pierre Fitzgibbon se retrouve dans l’eau chaude une fois de plus

La Commissaire à l’éthique recommande une nouvelle fois de réprimander le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon en raison de manquements.

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Dans un rapport déposé ce mardi à l’Assemblée nationale Ariane Mignolet observe que M. Fitzgibbon s’est notamment placé en conflit d’intérêts. Mme Mignolet souligne notamment le caractère intentionnel de ce manquement puisque le ministre aurait omis de se conformer à «un avis explicite» de la commissaire.

Selon le rapport, M. Fitzgibbon n’a pas déclaré à la commissaire ses intérêts dans une entreprise portant son nom, Gestion P. Fitzgibbon, après l’élection d’octobre 2018. Il a également continué de détenir des intérêts dans une entreprise, identifiée seulement comme «A» dans le rapport, ayant des liens avec les marchés publics de l’État québécois.

Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio: 

Ces deux éléments sont contraires au code d’éthique auquel sont soumis les ministres.

Mme Mignolet écrit dans son rapport qu’elle a découvert l’existence de Gestion P. Fitzgibbon lors de la publication d’un reportage du Journal, en avril 2019, exposant les liens d’affaires entre le ministre et le président-directeur général d’Investissement Québec, Guy LeBlanc.

Enquête  

Une enquête est alors amorcée par la commissaire à ce sujet ainsi que sur des demandes formulées par l’opposition, pour lesquelles un premier rapport déposé en octobre a mené à la réprimande votée en novembre par l’Assemblée nationale à l’endroit de M. Fitzgibbon.

En novembre 2019, la commissaire apprend que M. Fitzgibbon est intervenu auprès d’Investissement Québec pour empêcher l’octroi d’un financement à l’entreprise A.

Par la suite, au début de 2020, M. Fitzgibbon affirme qu’il préfère communiquer par écrit avec la commissaire.

«Je ne suis pas content des conversations que vous avez avec certaines personnes», justifie-t-il par écrit.

Malgré les invitations de la commissaire, le ministre continue de refuser tout entretien de vive voix avec elle.

«Je suis furieux de la façon dont vous procédez», affirme-t-il.

La suite des échanges de Mme Mignolet ont eu lieu par l’intermédiaire des avocats du ministre.