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John Lennon, pertinent, 40 ans après sa mort

L’histoire retient d’abord et avant tout qu’il a été un des piliers des célèbres Beatles. Or, pendant qu’on souligne aujourd’hui les 40 ans de sa mort tragique, le plus important legs de John Lennon serait-il Imagine, son hymne en faveur de la paix dans le monde ?

Le message de cette ballade utopique intemporelle, aux paroles imaginant un monde sans frontières, ni guerres, ni religions, parue en 1971, résonne encore avec la même cruelle pertinence.

Que jouait ce musicien inconnu venu s’installer au piano devant le Bataclan, au lendemain des attaques terroristes de novembre 2015 à Paris ? 

Imagine.

Qu’ont fait tourner toutes les radios américaines le 11 septembre 2001 ? Et toutes les radios françaises après Charlie Hebdo ?

Imagine.

« C’est une chanson qu’on va écouter jusqu’à la fin des temps parce qu’elle restera toujours d’actualité », croit Ons Barnat, professeur au département de musique de l’Université du Québec à Montréal.

Le destin a pourtant voulu que l’un des plus grands militants pacifistes de l’industrie du show-business, à qui l’on doit aussi les chansons Give Peace a Chance (composée lors du mythique bed-in à l’hôtel Reine Elizabeth, à Montréal) et Happy Christmas (War Is Over), tombe brutalement sous les balles de Marc David Chapman, à New York, le 8 décembre 1980, sous les yeux de son épouse Yoko Ono.

L’onde de choc avait été ressentie partout dans le monde. Jamais la mort d’un musicien populaire n’avait eu un tel retentissement. C’était comme Gandhi ou Martin Luther King, observe Greg Robinson, professeur d’histoire de l’UQAM et grand fan des Beatles.

« Il y a eu des décès importants par la suite dans le monde de la musique, mais rien qui approche John Lennon », dit-il.

À l’instar du Refus global  

Tout le monde se souvient des messages de paix de Lennon. Sa période d’artiste engagé politiquement a pourtant été très courte, rappelle Greg Robinson. Elle couvrait la fin des années 1960 et le début des années 1970.

« C’est un peu comme le groupe derrière le Refus global. On en ressent encore les effets, même si ce fut éphémère », signale-t-il.

C’est sans oublier l’immense influence musicale de John Lennon et des Beatles, qui se fait encore sentir aujourd’hui.

« C’est manifeste au niveau de la composition des chansons. Dans la musique pop, on peut identifier des centaines de chansons qui reprennent les mêmes structures harmoniques et rythmiques créées dans les années 1960-1970 », relève Ons Barnat.

Contre Trump ?  

Il est hasardeux de tenter d’imaginer ce que serait devenu John Lennon. On peut follement évoquer des retrouvailles avec Paul McCartney, avec qui il venait de faire la paix après plusieurs années d’une chicane publique.

Il est cependant permis de croire que l’artiste engagé aurait fait entendre sa voix dans une Amérique gouvernée par Donald Trump, soutient Greg Robinson.

« Tout comme il s’est opposé à l’Administration Nixon, au point où ils avaient essayé de le déporter parce qu’ils craignaient qu’il mobilise les jeunes contre sa réélection, il aurait aussi diffusé des messages pour la paix et l’égalité. »