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La santé publique n’aurait pas fermé les restaurants

Le gouvernement du Québec a toujours suivi les avis de santé publique ou s’est même parfois montré plus sévère: Horacio Arruda et son équipe ne recommandaient pas la fermeture des restaurants et des musées en zone rouge. 

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«Le gouvernement a choisi de le faire. On était confortable, mais ça n’aurait pas été notre premier scénario», a souligné le directeur national de la santé publique, lors d’un passage remarqué en commission parlementaire devant les partis d’opposition. 

Pour la santé publique, il n’y avait pas assez de «liens épidémiologiques» pour prendre cette décision. Elle recommandait plutôt d’autoriser uniquement les membres d’une même famille de fréquenter ensemble les salles à manger des restaurants.  

Photo Stevens Leblanc

À postériori, souligne le Dr Arruda, les salles à manger des restaurants ont également été fermées dans d’autres provinces canadiennes. Et malgré cette décision, le nombre de cas de Covid-19 a continué d’augmenter.  

Le député péquiste Pascal Bérubé cherchait à savoir si le gouvernement Legault écoutait toujours les recommandations des scientifiques. Le Dr Arruda a alors souligné que c’était le cas, sauf à certains moments, ou le gouvernement Legault a choisi d’aller plus loin. Son bras droit, le Dr Richard Massé, a mentionné également que la santé publique a recommandé que deux bulles familiales puissent se recommander, mais que cette proposition a été jugée trop compliquée à comprendre. 

Photo Stevens Leblanc

Gestion de risque   

«Il y a un dialogue. C’est une gestion de risque. Non seulement les impacts sur l’épidémiologie, mais sur la perception que les gens vont avoir. Ce qu’ils vont comprendre de la mesure», a indiqué le Dr Massé. 

L’arrivée imminente d’un vaccin ne signifiera pas un retour rapide à la vie normale, prévient de directeur national de la santé publique Horacio Arruda, lors d’un passage attendu en commission parlementaire où il s’est fait cuisiner par les partis d’opposition. 

«Tant qu’on n’a pas atteint une masse critique [de personnes vaccinées], nous devrons maintenir ces mesures», a-t-il affirmé. 

D’entrée de jeu, il a souligné que la santé publique observait un « relâchement » de la population quant aux suivis des règles. Et ce relâchement se fait sentir dans la hausse des cas et l’embouteillage dans les urgences. «Dimunez vos contacts, car le virus se nourri de contact humain. Chaque contact est un risque potentiel». 

Nous devons collectivement résister à la tentation de revenir à la vie d’avant avec l’arrivée d’un vaccin. «Le vaccin ne doit pas être vu comme un prétexte de relâche à la distanciation physique et au lavage des mains», a indiqué le Dr Arruda.  

Un seul conseil: diminuer vos contacts, parce que le virus se nourrit de contact humain. Chaque contact est un risque potentiel. 

L’année 2021 en sera une de «paradoxe et de mélange»: la campagne de vaccination cohabitera avec «d’autres cas et des éclosions». 

Luc Provençal, président de la Commission de la santé et des services sociaux

Photo Stevens Leblanc

Luc Provençal, président de la Commission de la santé et des services sociaux

Avis divergents?   

Les partis d’oppositions avaient plusieurs questions pour le Dr Arruda. Le Parti libéral a mentionné les avis divergents de certains directeurs de santé publique, ou la non-utilisation des tests rapides de dépistage livrés par le gouvernement fédéral il y a plusieurs semaines. 

Le directeur a rétorqué que son équipe planchait toujours sur une stratégie d’utilisation sécuritaire de ces tests moins précis que le test PCR utilisé à grande échelle par les laboratoires du Québec.  

Quant aux avis divergents, les directeurs régionaux de santé publique sont «solidaires», a-t-il dit, et tout le monde a été «capable de vivre avec les décisions finales» qui ont été prises par le gouvernement. «Nous n’avons pas la prétention de n’avoir commis aucun faux pas, mais nous avons la certitude d’avoir donné les meilleurs avis en fonction de l’information qu’on avait», a-t-il affirmé. 

La cheffe libérale Dominique Anglade lui a également demandé pourquoi le gouvernement a attendu jusqu’au 27 février pour faire des appels d’offres pour renflouer les stocks de matériel de protection, comme des gants et des masques.  

Le Dr Arruda a précisé que lors d’une rencontre du 24 janvier avec la sécurité civile dans la perspective d’une mise en place du plan pandémie, la discussion des équipements de protection a été soulevée. Mais il ne se souvient pas s’il avait lui-même effectué une recommandation à ce sujet. Il a souligné qu’il ne s’agissait pas de sa responsabilité.