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Le gouvernement refuse de blâmer Fitzgibbon

Le gouvernement caquiste a refusé mercredi l'avis de blâme de la commissaire à l'éthique contre son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, même s'il continue de contrevenir au code d’éthique des députés de l’Assemblée nationale.

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Sous le feu nourri des partis d’opposition, le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Éric Caire, a défendu bec et ongles son collègue qui a fait l’objet d’un deuxième rapport accablant de la commissaire à l’éthique, Ariane Mignolet.

«Il y a tu vraiment quelqu’un au Québec qui pense que le ministre de l’Économie est venu en politique pour s’enrichir?» a martelé le député Caire, en balayant du revers de la main les conclusions de la commissaire voulant que Pierre Fitzgibbon se soit placé en conflit d’intérêts.

Elle lui reproche, dans un rapport dévoilé mercredi, de ne pas avoir divulgué toutes ses participations dans des entreprises dans sa déclaration obligatoire et de ne pas avoir vendu ses participations dans des entreprises qui ont des liens avec le gouvernement ou des organismes publics.

Les députés de la CAQ, dont M. Fitzgibbon lui-même, ont toutefois refusé sa recommandation. Ils ont aussi rejeté une motion présentée par Québec solidaire voulant notamment que les élus doivent «se conformer aux conclusions et aux recommandations» de la commissaire à l'éthique.

Reprenant la suggestion du premier ministre François Legault, Éric Caire a plutôt proposé de modifier le code d’éthique des députés «pour permettre à des gens comme le ministre de l'Économie» de s’impliquer en politique.

Le ministre Fitzgibbon refuse encore de se départir de ses intérêts dans une entreprise parce qu'il soutient qu'ils sont difficiles à vendre et qu'il ne veut pas vendre à perte.

«Over my dead body!», lui a répondu le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, pour qui François Legault cherche avant tout à «abaisser les règles pour faire plaisir à son banquier préféré».

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a quant à lui invité le ministre Fitzgibbon à réfléchir à son avenir en politique.

«Aujourd’hui se termine toute prétention de la CAQ de parler d’éthique et d’intégrité», a-t-il dit au Salon bleu en comparant Éric Caire à Rudy Giuliani, le célèbre avocat du président américain Donald Trump près à tout pour défendre son patron, même à répandre des faussetés.

Plus tôt, en point de presse, le porte-parole en matière d’éthique du Parti libéral du Québec, Gaétan Barrette, avait affirmé que le ministre Fitzgibbon ment en affirmant qu’il ne peut se départir de ses actions.

«Je vais vous donner l'exemple le plus patent: il n'y a pas d'acheteur, pourtant, la commissaire a dit qu'il pouvait vendre. Alors, ça, c'est parce que c'est un mensonge», a affirmé Gaétan Barrette, mercredi.

Les trois partis d'opposition ont réclamé que le ministre soit suspendu du conseil des ministres le temps qu'il régularise sa situation.