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Santé Canada approuve le vaccin de Pfizer/BioNTech

Santé Canada a donné le feu vert mercredi matin à l’utilisation du vaccin de Pfizer/BioNTech, donnant le signal de départ à la plus vaste opération de vaccination jamais menée au pays.

L’agence fédérale a «déterminé que le vaccin de Pfizer/BioNTech répond aux exigences rigoureuses du ministère en matière d'innocuité, d'efficacité et de qualité pour son utilisation au Canada».

Dix mois après le premier cas de COVID-19 au pays, le Canada est ainsi devenu le troisième pays au monde à donner son feu vert, après le Royaume-Uni et Bahreïn et avant les États-Unis. L’étude des candidats-vaccins de Moderna et d'AstraZeneca Oxford se poursuit.

Journée historique      

«C’est une journée exceptionnelle pour le Canada», a déclaré la Dre Supriya Sharma, conseillère médicale principale à Santé Canada, manifestement émue.

«Nous attendons depuis des mois un signe d’espoir. Ça a été un marathon et nous arrivons près de la ligne d’arrivée», a complété le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada.

«La décision prise par Santé Canada marque un moment historique dans notre lutte collective contre la pandémie de COVID-19 et constitue une avancée majeure vers le retour à la normale au Canada», a déclaré Pfizer.

Examen exhaustif      

Dre Sharma a souligné que son équipe a travaillé sans relâche à l’examen des données fournies par la pharmaceutique.

Pour parvenir à approuver si rapidement ce vaccin, Santé Canada a suivi un processus d’homologation accéléré. Ceci lui a permis d’examiner les données des essais cliniques au fur et à mesure qu’elles étaient disponibles, depuis le mois d’octobre.

Mme Sharma a souligné que Santé Canada a fait une révision exhaustive de toutes les données, comme elle le fait pour tous les vaccins, contrairement au régulateur britannique qui n’a délivré qu’une autorisation d’urgence pour un nombre de lots restreints.

Place à la distribution      

L’autorisation de la santé publique fédérale signifie que les premiers Canadiens et Québécois pourront être vaccinés dès la semaine prochaine.

«Nous serons prêts à administrer le vaccin contre la COVID-19 aux groupes prioritaires dans quelques jours», a dit le major-général Dany Fortin en précisant qu’une répétition générale virtuelle se déroulera vendredi.

Selon lui, les premières doses du vaccin de Pfizer quitteront l'usine en Belgique vendredi et devraient arriver au Canada d’ici lundi ou mardi.

«On s’attend à ce que jusqu’à six millions de doses de vaccins homologués soient distribués d’ici la fin mars», a-t-il ajouté.

Au Québec, ce sont les patients des CHSLD Maimonides, à Montréal, et Saint-Antoine, à Québec, qui seront les premiers à être inoculés.

Ces deux CHSLD sont parmi les 14 sites de distribution désignés à l’échelle nationale, a précisé le major-général Fortin.

On prévoit que quelque 57 000 Québécois seront vaccinés d’ici le 4 janvier prochain, et 650 000 d’ici le 31 mars.

En point de presse mercredi, le premier ministre du Québec François Legault a dit espérer que les personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les patients des CHSLD, des Résidences privées pour aînés et le personnel du réseau de la santé, seront protégés d’ici la fin janvier.

«D’ici la fin janvier, ça veut dire que la situation va beaucoup, beaucoup s’améliorer au Québec, a affirmé M. Legault. On voit la lumière au bout du tunnel.»

Le premier ministre en a profité pour demander aux Québécois de respecter les mesures sanitaires durant les prochaines semaines qui seront cruciales pour juguler la pandémie.

Rappelons que le vaccin produit par Pfizer comporte d'importants défis logistiques, comme celui d'être conservé à une température de -70 °C. La pharmaceutique livrera elle-même les boîtes qui contiennent les doses aux endroits identifiés par les provinces, après quoi les boîtes ne pourront plus être déplacées.

L'administratrice en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a averti mardi que les premières doses pourraient n’être offertes qu’aux personnes capables de se déplacer aux sites de vaccination préalablement identifiés, le temps que Pfizer évalue la possibilité de déplacer les boîtes de vaccins.

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