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Mourir dans la dignité: une loi qui fête ses 5 ans

Yvon Bureau, Travailleur social et Québec

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Photo Fotolia

À très grande majorité, le 5 juin 2015, l’Assemblée nationale du Québec adopte la Loi concernant les soins de fin de vie. C’est le 10 décembre 2015 qu’elle entre en vigueur.  

Elle est le fruit d’un débat public non partisan issu de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Oui, ce débat fut intense, respectueux, heureux et fructueux. Ce débat demeure une des très grandes fiertés de notre Assemblée nationale du Québec.

Yvon Bureau

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Yvon Bureau

Un anniversaire mémorable

En ce 5e anniversaire, aujourd’hui, je me permets de vous citer le commentaire que j’ai publié en cette journée mémorable du 10 décembre 2015.

«...Officiellement, la loi 2, La Loi concernant les soins de fin de vie. Bienvenue! Sa venue est un bien! Bien plus, c'est un grand Plus dans l'univers des soins appropriés et personnalisés de fin de vie.

Cette loi apportera des soins de fin de vie partout au Québec en nombre suffisant. Ces soins sont désormais un droit. Ces soins incluent les soins palliatifs, la sédation palliative continue et l'aide médicale à mourir.

Quelle coïncidence! Ce droit nouveau s’applique dès aujourd’hui, en cette Journée internationale des droits de l’homme.

Aujourd’hui, Jour 1 de cette loi, c’est un Plus. Plus de dignité, plus de libre-choix, plus de sérénité, plus de compassion, plus de solidarité, plus de respect de tout et chacun, plus de respect de la conscience de tous, plus de respect pour les valeurs de chacun, plus d’à l’aise chez les professionnels, plus de mieux-être administratif dans les établissements de soins et plus de centration sur le seul intérêt de la personne en fin de vie. 

Demain, il y aura un Moins. Moins de suicides. Moins d’aides au suicide. Moins de meurtres par compassion. Ça, socialement et familialement, c’est tellement tout un Plus!

En ce Jour 1, comment ne pas honorer les membres du gouvernement qui ont créé unanimement la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Comment ne pas honorer les témoignages si touchants et si majeurs lors de cette commission. Comment ne pas honorer le travail remarquable de cette commission ainsi que son rapport Mourir dans la dignité et ses 24 recommandations unanimes. Comment ne pas honorer le travail noble des corporations professionnelles et des organismes concernés. Comment ne pas honorer le débat sur le PL-52 et le vote très majoritaire du 5 juin 2014. Honneur à notre ANQ! Bref, en ce jour, place à l’«honoration» !

En ce Jour 1, célébrons la dignité, la compassion, la solidarité, le respect, la noblesse et la liberté lors de la fin de vie! Ce Jour 1 est un jour plein de vie!»

6000 Québécois en ont profité

Durant ces cinq années, que de chemin, quasi que d’autoroutes, a été parcouru! Les soins de fin de vie se sont développés, transformés. Centrés de plus en plus sur la personne en fin de vie ou rendue à la fin de sa vie. Centrés de plus en plus sur la primauté de son seul intérêt. 

Durant ces 5 années, plus de 6000 personnes québécoises ont terminé leur vie avec l’aide médicale à mourir, habitées par une grande sérénité. Plus de la moitié des maisons/unités de soins palliatifs incluent maintenant l’AMM; et bien d’autres y songent sérieusement, prochainement.

Pendant ce temps, péniblement et même petitement, la Chambre des communes travaille présentement intensément pour faire voter le projet de loi sur l’aide médicale à mourir C-7 d’ici ce vendredi. Et le 18 décembre 2020 est à leurs portes! 

Pendant ce temps, on se prépare pour une révision de notre loi, 5 ans après, tel que prévu dans la loi. Pour les fins d’actualisation et de bonification. 

Et pendant ce temps, les soins de fin de vie se développent, se bonifient, pour le mieux-être de tous. Honorant mieux ainsi la Vie, notre compassion et notre humanité. 

Yvon Bureau
Travailleur social
Québec

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