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Enquête publique sur le décès de la petite Rosalie: la Maison Marie-Rollet et la DPJ se lancent la balle

Si le but ultime d’une enquête publique est de faire la lumière sur un triste événement passé dans le but de trouver des pistes de solutions pour changer l’avenir, ce matin, à la dernière journée de l’enquête sur le décès de la petite Rosalie, c’est plutôt à une joute de ping-pong que se sont adonnées la Maison Marie-Rollet et la DPJ. 

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Avant d’aborder le volet «recommandations» de l’enquête, l’avocate qui représente les intérêts de la Maison Marie-Rollet a contre-interrogé l’intervenante de la Direction de la protection de la jeunesse dont le témoignage a commencé hier.  

L’intervenante en question – dont on ne peut révéler l'identité – a été affectée au dossier de Rosalie en février 2018. À cette époque, Audrey et sa fille habitaient chez la grand-mère de la fillette, ce qui, selon la DPJ, était un facteur de compromission pour l’enfant.  

Le 19 février, l’intervenante a noté que la mère de Rosalie se disait «épuisée» et avait des symptômes «dépressifs».  

«Elle souhaite du repos et du recul et dit qu’elle dormirait toujours. Elle semble épuisée, mais est contente de l’aide qui se met en place autour d’elle. Elle dit que le dernier mois a été très lourd, puisqu’elle devait s’occuper de Rosalie et de sa mère», est-il inscrit sur le document présenté en cour.  

Comme la DPJ a mentionné à Audrey qu’elle ne pouvait plus habiter chez sa mère, elle a emménagé avec sa fille à la Maison Marie-Rollet, qui, selon ses dires, devait ainsi être «les yeux de la DPJ».  

«Que voulez-vous dire? Connaissez-vous la mission des maisons d’hébergement? Avez-vous des attentes que les intervenantes vous fassent des rapports tous les jours?» a questionné Me Maryse Carré, qui représente la Maison Marie-Rollet. 

«Quand une femme est dans une maison d’hébergement, les intervenantes voient la femme et l’enfant de façon quotidienne... C’est une richesse d’information pour nous», a dit l'intervenante de la DPJ avant d’être interrompue par la coroner, Me Géhane Kamel.  

«Je ne crois pas que le rôle des maisons d’hébergement soit d’être les yeux de la DPJ, mais, devant une situation alarmante, on ne doit jamais hésiter à appeler la DPJ. Que ce soit pour des intervenants ou pour monsieur ou madame Tout-le-monde», a-t-elle souligné.   

«En 2018, existait-il un document pour vous aider à prendre une décision quand une enfant manquait à l’appel? La DPJ a tous les pouvoirs. Ça prenait quoi, en avril 2018 pour qu’on appelle les policiers?» a questionné Me Carré. 

«Si j’avais eu l’information que Rosalie était à la rue, qu’elle était malmenée ou qu’il y avait un risque d’abus physique, là, j’aurais appelé les policiers, mais je n’avais pas d’information en ce sens», a répondu l’intervenante.  

«Le 16 avril, vous avez parlé avec Audrey. Elle vous a dit qu’elle était chez sa mère, qui était un motif de compromission pour Rosalie... Pourquoi n’avoir rien fait?» a demandé l’avocate.  

«Avec le recul, je me suis questionnée à savoir si j’aurais dû aller chez la grand-mère, mais je n’avais pas l’information qu’elle était là en continu. Je pouvais aussi comprendre qu’Audrey s’était fait expulser de la maison d’hébergement et qu’entre ça et être à la rue, la grand-mère était peut-être ce qu’il y avait de moins dangereux», a-t-elle répondu.   

«J’ai de la misère avec votre réponse. Si on estime que la grand-mère est un sujet de compromission et que, devant la situation, vous vous demandez ce qu’il y a de moins pire pour Rosalie, là, on a un problème», a laissé tomber la coroner.

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