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Un Fonds enregistré de revenu de retraite, qu’est-ce que c’est?

Daniel Germain | Journal de Montréal

Pension fund concept.

Illustration Adobe Stock

Bon nombre de retraités savent en gros de quoi il s’agit, mais ceux qui se préparent pour leurs vieux jours en engraissant leur REER, beaucoup moins. 

Qu’est-ce que le Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ?

Tout le monde en a vaguement entendu parler au printemps, quand les marchés boursiers ont plongé. Une des premières mesures d’Ottawa destinées aux retraités avait été de réduire de 25 % les sommes minimales qui devaient obligatoirement être retirées des FERR par leur détenteur.

Ainsi, les retraités dont le pécule était investi en Bourse n’avaient pas à cristalliser des pertes. Cette mesure, qui prend fin au 31 décembre, a privé le fédéral de 500 M$ en revenus, ce qui s’est aussi répercuté sur les recettes fiscales de Québec.

Car c’est là la grande particularité du FERR : on est obligé de piger dedans un certain montant chaque année. On ne peut y échapper. Voici ce qu’il faut savoir sur le FERR.

Une date limite

Le FERR, c’est en quelque sorte l’aboutissement du REER. Le compte d’accumulation se transforme en fonds de décaissement grâce auquel on finance une partie de sa retraite ; dès lors, il faut le vider lentement, et sûrement. 

On peut transférer le contenu d’un REER vers un FERR à n’importe quel moment, mais la conversion devient obligatoire au 31 décembre de l’année du 71e anniversaire du détenteur d’un REER. Ceux qui ont atteint l’âge de 71 ans cette année ne peuvent plus avoir de REER à compter du 1er janvier.

Mais pourquoi ça ? 

Une histoire d’impôt

Après avoir permis aux contribuables de déduire leurs cotisations REER de leurs revenus d’emploi, puis de faire fructifier cet argent durant des décennies à l’abri de l’impôt, l’État veut récupérer son dû.

C’est pourquoi les retraités sont tenus de retirer des sommes minimales. Si on éliminait cette obligation, l’État serait privé d’un revenu régulier d’un milliard $ par année (des sommes qui seraient éventuellement récupérées, au décès des détenteurs des FERR), selon une estimation du bureau du Directeur parlementaire du budget. 

Le retrait minimal est calculé selon un pourcentage de l’actif contenu dans le compte, un pourcentage qui augmente avec l’âge. À 65 ans, le retraité doit retirer 4 % du contenu de son FERR. 

Le minimum passe à 4,17 % l’année suivante, puis à 4,35 % l’année d’après. À 95 ans, une personne doit sortir 20 % de ce que lui reste, et encore les années suivantes. 

Ce qu’il faut savoir   

-Les seuils de retraits minimaux sont ramenés à leur niveau habituel en 2021. Notez qu’il n’y a pas de plafond aux sommes qu’on peut retirer d’un FERR.  

-Au lieu de transférer le contenu du REER vers un FERR, un retraité peut utiliser l’argent du REER pour acheter une rente viagère.   

-Le FERR offre des avantages sur le REER. Les retraits donnent droit à des crédits d’impôt pour revenu de retraite, au fédéral comme au provincial. Il peut aussi faire l’objet d’un fractionnement de revenu avec le conjoint à partir de 65 ans.  

-Pour réduire les seuils de retraits minimaux, il est possible d’appliquer l’âge du conjoint aux fins du calcul. Le couple doit être marié ou uni par contrat de vie commune du calcul, ce qui exclut les conjoints de fait.  

-À l’année de son 71e anniversaire, on peut contribuer au REER pour une dernière fois. Si on prévoit des revenus d’emploi l’année suivante, il est possible de faire des cotisations excédentaires dans le REER dans le but de les déduire l’année suivante, à 72 ans.