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En échec scolaire en raison de la pandémie

Juliette Proulx, en compagnie de sa mère, Lyne Guérin, trouve très difficile l’adaptation à l’école virtuelle.

Photo courtoisie

Juliette Proulx, en compagnie de sa mère, Lyne Guérin, trouve très difficile l’adaptation à l’école virtuelle.

Une élève de quatrième secondaire qui a toujours eu d’excellents résultats scolaires se retrouve aujourd’hui en échec dans plusieurs matières, une situation vécue par plusieurs jeunes cet automne en raison de la pandémie.

« J’ai toujours eu des bonnes notes à l’école, mais cette année, j’ai vraiment de la misère. J’ai coulé beaucoup d’examens, ça ne m’était jamais arrivé avant. Avec les jours d’école à la maison, c’est vraiment dur de suivre la matière et d’être motivée ».

Juliette Proulx avait une moyenne d’au moins 85 % depuis le début du secondaire. Au fil des ans, elle a reçu plusieurs méritas pour son implication et ses résultats scolaires, raconte sa mère, Lyne Guérin.

Mais la pandémie est venue tout chambouler. À la mi-octobre, Mme Guérin a reçu des appels de plusieurs enseignants qui l’ont informée que sa fille était « en échec solide » dans presque toutes les matières. 

« C’était comme une vague en pleine face. Comme parent, je n’ai rien vu venir du tout », lance-t-elle. Impliquée depuis des années dans le réseau scolaire, Mme Guérin a multiplié les démarches afin d’obtenir de l’aide supplémentaire pour sa fille.

Deux semaines d’isolement

De son côté, Juliette raconte que ses problèmes scolaires ont commencé en début d’année, alors qu’elle a dû s’isoler à la maison après avoir été en contact avec une personne de sa famille qui avait contracté le virus.

« Ça m’a clairement nui, lance-t-elle. J’ai été deux semaines en isolement alors qu’on pouvait encore aller à l’école tous les jours. Je n’avais pas de cours en ligne, pas d’explications des profs. Je recevais juste les notes de cours et les devoirs. Je faisais ce que je pouvais. »

Concentration difficile

Le passage en mode hybride, une journée sur deux en ligne, n’a fait qu’empirer les choses par la suite. « C’est vraiment difficile de se concentrer à la maison », dit Juliette.

La jeune fille appréhende le premier bulletin, prévu à la fin janvier, qui comptera pour 50 % de son année scolaire. 

« C’est vraiment beaucoup de stress. La première étape est difficile, on a eu beaucoup de changements, c’est beaucoup d’adaptation. Je n’ai vraiment pas envie de couler une matière. Si ça m’arrive, je sais que ça va faire mal. »

Sa mère n’en revient pas que la pondération accordée au premier bulletin soit si élevée. « Ça n’a pas de bon sens pour aucun enfant sur la planète d’avoir deux bulletins qui comptent pour 50 %. Si tu t’enfarges dans le premier, c’est fini », lance-t-elle.

Avec une telle pondération, un élève en échec à 50 % au premier bulletin devra obtenir 70 % au deuxième pour réussir son année scolaire. Le Journal rapportait récemment que le taux d’échec au secondaire est trois fois plus élevé cet automne, étant passé de 10 % à 30 %.

« C’est inquiétant non seulement pour ma fille, mais aussi pour des milliers d’enfants qui sont en train de jouer leur avenir », affirme Mme Guérin, qui tient à préciser qu’elle ne jette pas le blâme sur l’école, bien au contraire. « C’est le contexte, le problème », lance-t-elle.

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