/news/coronavirus

Les hospitalisations en Suède égalent le pic d'avril

Le nombre d'hospitalisations en Suède du fait du Covid-19 a égalé lundi son pic du mois d'avril, a-t-on appris auprès de l'autorité des affaires sociales, alors que le pays à la stratégie atypique connaît une nette surmortalité du fait de la deuxième vague.

• À lire aussi: Crise majeure en Suède : 99% des lits des soins intensifs sont occupés à Stockholm

• À lire aussi: La Suède referme ses écoles secondaires

• À lire aussi: La Suède pense atteindre mi-décembre le pic de sa deuxième vague

Le nombre de patients hospitalisés pour le Covid dans le royaume a atteint 2406 personnes, contre 2412 lors de son record du 20 avril, a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'autorité.

Le nombre de ces patients se trouvant en soins intensifs est en revanche moindre, avec une part de 10,5% contre 22% en avril, a-t-elle précisé.

La Suède a annoncé la semaine dernière 447 décès liés au Covid-19, en hausse de 16% par rapport à la semaine précédente, atteignant un nouveau record pour la deuxième vague, selon les données officielles compilées par l'AFP.

Au printemps, la semaine la plus mortelle avait été atteinte entre le 10 et 16 avril, avec 692 décès.

Malgré un ton plus ferme et quelques mesures plus strictes, la Suède et sa stratégie hétérodoxe contre le coronavirus se retrouvent à nouveau en difficulté face à une deuxième vague beaucoup plus forte que prévu.

L'effet de cette vague est déjà visible dans la mortalité générale: en novembre, 8.088 décès de toutes causes ont été enregistrés en Suède, soit 10% de plus que la moyenne de ces cinq dernières années, a annoncé l'office des statistiques SCB.

Du fait de cette surmortalité et d'une population plus nombreuse, «c'est le plus grand nombre de morts enregistré pour un mois de novembre depuis 1918, année de la grippe espagnole», a observé le démographe Tomas Johansson dans un communiqué.

Le record de novembre 1918 reste loin: ce mois-là, 16.600 personnes étaient mortes en Suède.

Du fait de la deuxième vague, les services d'urgences suédois sont sous tension depuis plusieurs jours, notamment à Stockholm, où le directeur sanitaire régional Björn Eriksson a lancé une demande de renfort aux employés qualifiés, notamment des cliniques privées.

«Maintenant, ça suffit. Ça ne peut pas en valoir la peine, de boire un verre après le travail, de rencontrer des gens en dehors de son foyer, faire du magasinage de Noël ou de prendre un café: les conséquences sont terribles», a-t-il pesté la semaine dernière.

Sans masque ni confinement, la stratégie suédoise repose en grande partie sur des «recommandations» ayant valeur de règles, mais non coercitives.