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Sonia LeBel pilotera la réforme du code d’éthique

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, souhaite changer le code d’éthique.

Photo d'archives

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, souhaite changer le code d’éthique.

Sonia LeBel pilotera la réforme du code d’éthique de l’Assemblée nationale pour permettre à Pierre Fitzgibbon de conserver ses parts dans des entreprises privées.  

Le bureau de la présidente du Conseil du trésor a confirmé au Journal qu’il prendra contact avec les partis d’opposition pour «réviser le code d’éthique en collaboration avec les autres partis». 

Mardi, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a été écorché une seconde fois par la commissaire à l’éthique Ariane Mignolet. 

Malgré de nombreux avertissements, il a contrevenu au code en conservant des parts dans deux entreprises privées qui ont des liens avec l’État. 

Pour le gouvernement, le code est trop sévère, et M. Fitzgibbon a mis des règles en place pour éviter tout conflit d’intérêts. 

Le ministre de l’Économie ne mâche d’ailleurs pas ses mots : «Ce code est désuet et date d’une autre époque», a-t-il dit mardi.  

Plus élastique 

Le premier ministre lui-même souhaite que le code soit plus élastique : «Ce n’est pas normal qu’une personne qui détient des placements dans des entreprises privées [...] qu’elle ne puisse pas venir travailler au gouvernement». 

Le ministre du Travail Jean Boulet en a appelé à son «adaptation à certaines réalités modernes».  

Mais les partis d’opposition n’ont pas beaucoup d’appétit pour l’exercice. «En choisissant Sonia LeBel, j’imagine que la volonté du gouvernement est de faire passer la pilule en faisant piloter le dossier par l’ancienne vedette de la commission Charbonneau. Mais ça ne changera pas grand-chose. On ne va jamais accepter qu’on nivelle vers le bas les règles», affirme le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. 

«Si Mme LeBel m’appelle pour me parler du code d’éthique, je vais lui parler. Mais si la volonté de la CAQ est de niveler vers le bas, ça ne sera pas une longue conversation», a-t-il ajouté. 

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«Pour protéger» 

Du côté de l’opposition libérale, on dénonce également la tactique de la CAQ, qui est elle-même «en conflit d’intérêts dans son intention de changer le code d’éthique». 

«Moderniser le code, pourquoi pas. Mais force est de constater qu’ils veulent le faire pour protéger un de leur joueur», a déploré l’ancien ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 

Ce dernier ne comprend pas pourquoi Pierre Fitzgibbon refuse de liquider ses parts dans deux entreprises. 

Il rappelle que le député Pierre Arcand avait dû faire la même chose lorsqu’il s’est lancé en politique.  

«Il est allé en politique en pleine connaissance de cause. J’ai laissé de l’argent sur la table comme bien d’autres en allant en politique, qu’il fasse comme nous. Ce n’est pas un si gros sacrifice que ça, on ne lui demande pas de tomber en faillite», dit-il.