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L’entreprise de Pierre Fitzgibbon se distancie d’une société chinoise

Pierre Fitzgibbon

Photo d'archives

Une entreprise dont le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon est actionnaire s’est défendue, hier, d’avoir un lien d’affaires direct avec la société chinoise controversée Hikvision, qui produit une caméra portant son nom.

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La présidente-directrice générale d’Immervision, Pascale Nini, a ainsi pris ses distances de Hikvison, même si l’entreprise chinoise est nommée parmi ses partenaires sur son site internet.

Le site web de Hikvision présente quant à lui une caméra dont le nom réfère à l’entreprise montréalaise : la «12 MP DeepInView Immervision Lens Fisheye Network Camera».

La société chinoise achète des lentilles à un fabricant licencié par Immervision, a expliqué Mme Nini, en soutenant n’avoir «jamais rien vendu à Hikvision [directement]».

«Immervision est une société spécialisée qui conçoit et dessine des lentilles grand-angles et vend sous licence ses dessins aux plus grands producteurs d’optique au monde», a-t-elle déclaré hier dans une lettre.

Il a été impossible de connaître le nom de l’entreprise qui utilise les produits d’Immervision pour vendre des lentilles à Hikvision.

«Immervision n’est pas en mesure d’identifier le ou les fournisseurs d’Hikvision, a répondu l’avocat de l’entreprise montréalaise, Me Bernard Colas. Les producteurs licenciés de lentilles panomorphes ne communiquent pas le nom de leurs clients à Immervision.»

En octobre 2019, le gouvernement des États-Unis a imposé des restrictions aux entreprises américaines qui fournissent des composantes à des entreprises chinoises, dont Hikvision.

Selon Washington, les caméras de Hikvision sont utilisées pour surveiller la minorité ouïgoure de la région du Xinjiang.

CONFLIT D’INTÉRÊTS

Immervision est au centre d’une controverse impliquant M. Fitzgibbon depuis que la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, a constaté qu’il était dans une situation de conflit d’intérêts, étant actionnaire de l’entreprise.

Investissement Québec, qui relève du ministre de l’Économie, est parmi les créanciers de l’entreprise depuis 2016, avant l’entrée en politique de M. Fitzgibbon.

Dans sa lettre, Mme Nini a aussi fait référence à une vidéo, diffusée par notre Bureau d’enquête la semaine dernière, où elle remercie M. Fitzgibbon à ses côtés, dans le cadre d’un événement organisé par son ministère, dont Immervision était commanditaire.

«Je ne comprends pas en quoi la vidéo de remerciement [...] puisse être qualifiée d’embarrassante pour le ministre ou le gouvernement du Québec», a-t-elle affirmé.

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