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Des chiens capables de détecter la COVID-19

Mathieu Lavallée, instructeur canin de Saint-Jean-de-Matha, dans Lanaudière, va entraîner son chien Serge à la détection de la COVID-19 grâce à des échantillons de sueur déposés aléatoirement au fond de certaines de ces tulipes de métal.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Mathieu Lavallée, instructeur canin de Saint-Jean-de-Matha, dans Lanaudière, va entraîner son chien Serge à la détection de la COVID-19 grâce à des échantillons de sueur déposés aléatoirement au fond de certaines de ces tulipes de métal.

La prochaine stratégie de dépistage pourrait bien être d’utiliser des chiens renifleurs de COVID-19 entraînés à repérer les personnes contaminées grâce à un échantillon de sueur. 

L’entraîneur avec Serge, et dans ses bras un autre prospect renifleur, une Labrador prénommée Agathe.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

L’entraîneur avec Serge, et dans ses bras un autre prospect renifleur, une Labrador prénommée Agathe.

«On passe une compresse sur la joue ou sous les aisselles d’une personne pour récolter sa sueur. Chaque maladie, dont la COVID-19, a une signature olfactive qui se retrouve dans la sueur et le chien est en mesure de la détecter», explique Éric Troncy, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. 

Le chercheur s’intéressait déjà à la détection des cancers du sein par les chiens en partenariat avec le projet KDOG, mené par l’Institut Curie, à Paris.

Le principe reste relativement semblable pour le coronavirus. Il suffit d’entraîner l’animal à flairer l’odeur du virus, comme on le fait avec les chiens pisteurs de drogue, souligne l’entraîneur canin Mathieu Lavallée, qui collabore au projet.

Ça se fait en Finlande 

D’ailleurs, une équipe canine a commencé à renifler des passagers volontaires à l’aéroport d’Helsinki-Vantaa, en Finlande. 

« On n’a pas été surpris de voir que les taux de succès sont supérieurs à 90 %. Certains chiens sont même à 100 % de réussite. Ça évite les faux négatifs, comme c’est le cas avec les [tests rapides]. On est contents », fait savoir Éric Troncy.  

Le plus gros du travail, selon l’entraîneur canin Mathieu Lavallée, est de recruter les candidats canins. Si certaines races ont des capacités olfactives plus développées, comme le saint-hubert, le maître-chien ne veut en exclure aucune. 

« Après, ça prend quelques jours pour entraîner un chien. C’est d’une simplicité. Surtout si c’est un animal qui a déjà une expérience comme pisteur, je n’ai qu’à faire un transfert d’odeur », dit-il.

Hausser l’efficacité 

Et un seul chien peut faire entre 400 à 600 tests de dépistage en une journée de travail.

« Ça lui prend quelques secondes par test. Le plus long, c’est de nettoyer la surface entre chaque échantillon », explique Éric Troncy.

Cette méthode pourrait permettre une détection large du virus dans les espaces publics. 

« Imaginons si on pouvait assurer que chaque personne qui entre dans un CHSLD ou dans un hôpital n’est pas contaminée. Ça enlèverait un grand stress », donne en exemple le chercheur. 

Pour que son projet puisse voir le jour, Éric Troncy a besoin de la collaboration des autorités sanitaires tant sur le plan financier que pour fournir les échantillons d’odeur afin de former les chiens. 

« Ça fait plusieurs mois qu’on a soumis des propositions à différentes santés publiques [du Québec]. On n’a aucun retour », déplore-t-il.