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Les demandes d’aide aux jeunes explosent en 2020

Plusieurs organismes de la région de Québec ont remarqué une hausse des demandes d’aide pour des jeunes en détresse. 

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La pandémie de COVID-19 a fait des victimes dans plusieurs secteurs cette année et les enfants n’ont pas été épargnés. 

«On ne doit pas se fermer les yeux, la violence chez les enfants ça existe», explique Mylène Pichette, intervenante pour l'organisme communautaire Espace, dans la région de Québec. 

L’organisme a pour mission de prévenir toutes formes de violence faites à l'égard des enfants.

Tous les jours, elle côtoie des jeunes en détresse, pris au piège par les impacts de la pandémie.

«On entend aussi beaucoup d'enfants qui ne peuvent plus parler à leurs grands-parents, leurs oncles, tantes, des gens significatifs dans leur vie. Les confidences vont moins se faire sur Zoom. Il y a des facteurs de risque qui ont été amplifiés avec la pandémie : le stress chez les adultes, l'alcoolisme, la violence conjugale, la toxicomanie. Les enfants sont pris dans une bulle familiale et la violence faite aux enfants peut venir de la famille», constate Mme Pichette. 

La coordonnatrice chez Espace, Isabelle Picard est du même avis.

«Les enfants ont été isolés des ressources d'aide. Avec le retour d'Espace dans le milieu (scolaire), et la réouverture des milieux éducatifs, on s'aperçoit qu'il y a des enfants qui ont vécu beaucoup de souffrance, beaucoup de difficultés», affirme-t-elle.

Ces difficultés vécues par les enfants se traduisent parfois en abus, souligne Mme Picard.

«On a beaucoup plus de signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qui sont faits dans ces contextes de violence intrafamiliale et de violence sexuelle », remarque la coordonnatrice. 

Signalements à la DPJ

La DPJ du CIUSSS de la Capitale-Nationale a reçu 7731 signalements depuis le mois d'avril.

Il s’agit d’un nombre similaire à l’an dernier, mais c’est le moment où ces appels d'urgence ont été faits qui diffère. 

En 2020, les signalements ont été concentrés au cours des derniers mois et les impacts se font sentir à tous les niveaux.

«C'est l'enfer! Je n'aurai jamais plaidé autant de toute ma vie. On voit un engorgement des rôles, on voit beaucoup de demandes d'urgence, en DPJ également», rapporte l'avocate spécialisée en droit de la famille, Me Sharon Otis.

Le service d'aide Info-Social 811 est aussi débordé.

«Ça fait quatre ans et demi que je suis ici. Je n'ai jamais vu autant d'adolescents qui nous appellent en détresse. Ils nous disent qu'ils n'y arrivent plus, qu'ils pensent à mourir. Ce sont des choses qui sont très frappantes », témoigne Cindy, une employée du 811.

Le nombre d'intervenants au centre d'appel de la Capitale-Nationale a doublé cette année en raison de la pandémie. Ils sont passés de 20 à 42 intervenants.

« Et les appels ont doublé aussi », affirme l’employée.

Ils répondent en moyenne à 164 appels par jour, soit une cinquante d'appels de plus que l'an dernier, alors qu'ils répondaient en moyenne à 113 appels.

«On assiste à des clients qui n'avaient jamais utilisé les services avant», constate Cindy.

Elle s'attend d'ailleurs à être surchargée au retour des Fêtes.

Si vous avez besoin de parler, sachez que le service Info-Social 811 est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.