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Un promoteur tente de faire taire un environnementaliste

Photo Courtoisie, Tommy Montpetit

Le photographe animalier et environnementaliste, Patrick Bourgeois, a reçu une mise en demeure pour des propos tenus sur son blogue, dans lequel il fait état de l’impunité d’une compagnie et de la destruction d’un milieu humide à Longueuil.   

«C’est de l’intimidation pure et simple», a affirmé celui qui dit qu’on cherche à le faire taire.  

«La compagnie m’envoie une mise en demeure en me disant "ce n’est pas vrai tout ce que tu écris", mais en même temps elle a été condamnée pour ses travaux», a déclaré Patrick Bourgeois en entretien téléphonique.  

La compagnie 9413-1547 Québec inc., détenue par Gaétan Houle et le promoteur en développement de terrains Shathony, a effectué des travaux d’irrigation sans permis sur des terres aux abords du boisé Du Tremblay, un important refuge naturel de 260 hectares, à la fin novembre, à Longueuil. Selon l’organisme de protection de l’environnement Ciel et Terre, ces terrains abritent une population de rainettes faux-grillon – une grenouille hautement politisée au Québec – considérée comme une espèce vulnérable.   

Depuis, le ministère de l’Environnement a émis un avis de non-conformité à l’égard de la compagnie à numéro, le 15 décembre. Il a aussi institué une enquête et envisage des poursuites judiciaires au pénal. La Ville de Longueuil, pour sa part, a donné un deuxième constat d’infraction pour montant de 2500$, faisant suite à une première amende de 896$, et a exigé à la compagnie la remise en état des lieux qui empiètent sur la propriété de la ville.   

Photo Courtoisie, Tommy Montpetit

Ce qu’on reproche à M. Bourgeois, c’est d’avoir écrit sur son blogue que le terrain de la compagnie hébergeait «une importante population de rainettes faux-grillon» et que celle-ci avait «complètement été écrabouillée» lors des travaux. On lui reproche également de dire que «les étangs ont été drainés», que la compagnie s’était permis «d’agir de la sorte contre une espèce menacée» et qu’un individu «peu scrupuleux avait utilisé une pelle mécanique» et commis un « méfait ». La compagnie considère que cela lui cause un préjudice irréparable.   

Or, lors d’un échange de courriels avec le ministère de l’Environnement, QMI a appris que la raison de l’infraction tient au fait d’avoir «rejeté ou permis le rejet d’un contaminant à l’environnement, soit des matières solides en suspension, contrevenant ainsi à l’article 20 de la Loi sur la qualité de l’environnement», selon Daniel Messier, conseiller en communication au ministère de l’Environnement.   

Dans le cadre de cet article, il a été impossible de joindre Shathony pour obtenir la version des faits du promoteur. On sait cependant que, par le biais de la mise en demeure, la compagnie 9413-1547 Québec inc. nie l’existence d’un milieu humide à l’endroit où les travaux ont été faits.   

La compagnie assure dans sa mise en demeure que «ses actionnaires et son administrateur adhèrent à la protection des milieux environnementaux protégés».   

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